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    Au fil de l'estuaire de la Loire - escale n°3

    Frantisek, une vie au bord du fleuve

    Frantisek dans une salle désaffectée du silo de Roche-Maurice Frantisek dans une salle désaffectée du silo de Roche-Maurice - © Franck Tomps

    C'est sous la haute silhouette du pont de Cheviré que leurs pas ont mené Guy-Pierre Chomette et Franck Tomps. Démarrée quai Wilson et poursuivie sur le quai de la Fosse, la balade du photographe et de l'écrivain fait escale aujourd'hui à Roche-Maurice. L'occasion d'une rencontre avec un personnage tout en nostalgie et en passion du fleuve, perché au sommet du silo à grains géant qui surplombe la Loire.

    À l’approche du terminal céréalier du quartier du bas-Chantenay, à Nantes, le ciel bleu se teinte lentement de jaune. La poussière de blé flotte au-dessus du Saint-Vassilios, un vraquier qui termine son chargement de 21 000 tonnes de blé avant de redescendre la Loire et prendre le large vers le Sénégal et la Côte d’Ivoire.

    Amarré à son quai, le cargo paraît rabougri, tassé sur l’eau par la masse colossale du silo de la coopérative InVivo, falaise grise de 50 mètres de hauteur sur 250 mètres de long. Chaque année, près d’un million de tonnes de grain y sont stockées puis exportées aux quatre coins du monde. Érigé en 1975 tel un monument à la gloire de l’agriculture intensive, l’édifice, avec ses cinquante alvéoles, prend des airs de cathédrale de béton contemporaine à laquelle les architectes auraient omis d’ajouter des vitraux pour préserver l’intimité du cœur et des chapelles. Dans le quartier Chantenay, à la veille d’une mue urbaine qui devrait tout réaménager sur les bords de Loire, on est partagés. Certains voient dans le silo une tache paysagère qu’il conviendrait d’effacer, d’autres avancent qu’il constitue l’une des dernières chances de voir des cargos du monde entier remonter la Loire jusqu’à Nantes. Quant à Frantisek, 46 ans, agent de maintenance chez InVivo, il le considère surtout comme le meilleur observatoire pour pomper du fleuve l’énergie dont il se nourrit.

    D’un coup d’ascenseur, Frantisek nous emmène dans les ultimes étages du mastodonte. Des combles, en quelque sorte, où d’interminables tapis roulants transfèrent le grain d’un point à un autre dans un univers mécanique où l’homme, en dehors de Frantisek, n’intervient pas. La poussière joue dans la pénombre. Des passerelles vertigineuses enjambent des gouffres de 50 mètres de profondeur d’où le grain est siphonné vers les cuves du Saint-Vassilios. Frantisek sort sur le toit du silo, au-dessus du fleuve.

    "C’était à Prague, en automne, raconte-t-il dans sa combinaison vert et jaune fluo, son masque anti-poussière autour du cou. J’errais dans cette ville où je suis né, sans but, dévasté par une rupture amoureuse. J’ai fini par échouer au bord de la Vitava, loin du centre. Assis au bord de l’eau, j’ai dû pleurer pendant une heure… À un moment, j’ai perçu que mes larmes avaient été évacuées par le fleuve. Elles avaient elles-mêmes puisé l’énergie du courant. Je me suis senti débarrassé de ma tristesse qui me collait comme de la suie. J’étais complètement rechargé…"

    Le fleuve nettoie la ville, vous ne trouvez pas ?

    En 2007, Frantisek voyage en France avec sa nouvelle amie, à la recherche d’un port d’attache. Un soir d’été à Nantes, sur les bords de la Loire, ils ont la révélation. "J'ai ressenti ici une force particulière, assure-t-il avec son léger accent tchèque, une énergie que j’étais bien en peine de décrire, mais qui m’a convaincu : nous devions nous poser là. J’ai compris plus tard que la proximité de la Loire était la source de cette sensation. Puisque nous voulions habiter en ville, il fallait que je vive près d’un fleuve. Car le fleuve nettoie la ville, vous ne trouvez pas ? Pouvoir rester immobile à regarder l’eau qui passe, ça me lave !"

    Grand amateur de thé, Frantisek prend parfois son vélo et sa tente pour aller pratiquer la cérémonie japonaise du thé au bord de l’eau et retirer l’incroyable force que lui procure la contemplation de la Loire, de préférence au petit matin. Il nous entraîne au sommet du silo, là où une salle de commande avait été aménagée avant d’être désaffectée à la suite de l’explosion du silo de Blaye, sur l’estuaire de la Gironde, en 1997. Avec sa moquette couverte de poussière, nous avons l’impression d’être les premiers à y pénétrer depuis des années. Des vitres offraient une vue unique à 180° sur le fleuve, mais elles sont désormais badigeonnées de peinture blanche. Certaines s’ouvrent encore et Frantisek y passe la tête pour humer l’énergie du fleuve. Bien au-delà du pont de Cheviré qui semble flotter dans le vide à 400 mètres de nous, la tour à plomb de Couëron et la centrale de Cordemais, lointaines, piquent le paysage comme des bornes sur l’estuaire.

     

    Prochaine escale : Effet de souffle sur la rive de Saint-Herblain

     

    Texte : Guy-Pierre Chomette. Photo : Franck Tomps

     

    D'autres regards sur les frontières


    Guy-Pierre Chomette, co-auteur de Aufil de l'Estuaire de la Loire.

    Guy-Pierre Chomette, né en 1969, est journaliste, rédacteur et auteur. Ses reportages sont publiés dans Géo, Marie-Claire, Le Figaro, Le Monde diplomatique, Politique Internationale, Géopolitique

    Prix Robert Guillain pour son travail sur la querelle russo-japonaise des îles Kouriles (Le Monde diplomatique), auteur du Piéton du Grand Paris (Parigramme, 2014), récit de voyage sur le tracé du futur métro du Grand Paris, coauteur de Réfugiés Climatiques (Dominique Carré, 2010), coauteur de Terre des Pôles (Années Lumière, 2008), auteur de Lisières d’Europe (Autrement, 2004).

    Contact : gpchomette@gmail.com

     

    Franck Thomps, co-auteur de Aufil de l'Estuaire de la Loire.

    Franck Tomps, né en 1973, est photographe indépendant, diplômé de L'école Louis-Lumière en 1997. Lauréat du concours Polaroid (1997), mention spéciale d'Attention Talent photo FNAC (2002) sur Paris, boursier du concours Photographie.com (2003). Son monde singulier est le reflet d'un regard distancié sur notre société. Son travail, attaché à la banalité des lieux et aux rites ordinaires, s’exprime au travers d'un regard serein et exigeant. En témoignent les séries Mimizan sur les vacances à la plage, Port Saint Louis sur la vie d'une citée ouvrière ou A7-E15 sur une aire d'autoroute.

    Il mène en parallèle ses projets personnels, ses commandes pour Libération, ses publications presse (JDD, Le Monde, Télérama, L'Obs…) et son activité dans le secteur institutionnel.

    Contact : info@atelierdujour.fr

     

    Philippe Le Boulanger

     

    L'auteur : Marek Corbel

    Citoyen masqué à la plume noire

    Daniel Chaigne

    Qui est Marek Corbel ? Sous ce pseudonyme énigmatique se cache un Breton âgé de 39 ans et originaire de Quimperlé, vivant aujourd'hui à Paris. Juriste au ministère de l'Éducation nationale le jour, écrivain la nuit, Yves Croguennec, de son vrai nom, mène en quelque sorte une double vie : d'un côté le Droit et les règles intangibles, de l'autre une aventure éditoriale mêlant fiction et engagement.

    "Passionné par les romans noirs et fidèle admirateur d'auteurs tels que James Ellroy, Frédéric H. Fajardie et Dennis Lehane, je me suis lancé dans l'écriture en 2011", explique l'intéressé. "Mes intrigues s'inscrivent toutes dans une époque, avec ses contradictions et ses forces sociales en action. Je trouve bien souvent mon inspiration dans des faits historiques."

    Au fil de ses six ouvrages, Marek Corbel distille de manière plus ou moins énoncée une critique sociale, voire politique, du monde contemporain. La Tanière du Laonnois, son premier polar, prend par exemple la forme d'une enquête sur l'extrême droite française des années 1980. Pour Il était une fois 1945, il s'inspire cette fois-ci d'une expérience personnelle pour s'attaquer aux arcanes du syndicalisme dans la police. En pur Breton, il apprécie également interroger la notion de régionalisme, comme dans Le Sanctuaire de Cargèse et Concarn' oir, qui se déroulent respectivement en Corse et en Bretagne. Plus récemment, en 2014, il a tout simplement délaissé la forme du roman policier pour écrire le premier volet de sa trilogie En proie au labyrinthe, son livre le plus politique jusqu'à maintenant.

    Parlant plus facilement de Marek Corbel que de l'homme derrière le masque, Yves Croguennec reste finalement assez prudent et discret sur sa vision du monde actuel et sa vie personnelle. Mais il est fort probable que la clé de cette énigme se trouve entre les lignes…

    Corentin Vital

     

    Lire tous les épisodes d'Au fil de l'estuaire de la Loire

    http://www.terristoires.info/societe/nantes-quai-wilson/quai-des-antilles-sur-la-proue-2012.html
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