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    L'Atelier de la gouvernance, ép. 2/3

    Kheops : hacker nantais au cœur de militant

    Portrait de Kheops, armé de son ordinateur rempli de stickers. Portrait de Kheops, armé de son ordinateur rempli de stickers.

    Un air d'éternel adolescent, un look un peu anar et toujours armé de son ordinateur portable, Kheops est de ceux que l'on appelle communément les hackers. Lui se définit plutôt comme un bricoleur du numérique mettant ses compétences au service des gens. Ce jeune Nantais est membre de l'association FAImaison, un fournisseur d'accès internet associatif, et participe à de nombreux événements sur la région, tels que l'Atelier de la gouvernance (voir encadré) ou le Forum du numérique social.

    Quelle est l'identité civile de "Kheops", jeune hacker aux cheveux longs d'une trentaine d'années ? À la question, l'homme répond : "Kheops... juste Kheops. Tout le monde m'appelle comme ça." Nous n'en saurons pas plus... Il faut dire que le Nantais s'y connaît en protection des données. Il en a même fait son métier : "Je travaille pour une Organisation non gouvernementale dont je préfère taire le nom, car ils n'apprécieraient pas que je parle d'eux". Il admet malgré tout faire pour eux de l'administration système, de la sécurisation des données et de la veille technique.

    Kheops est en revanche beaucoup plus loquace sur son activité au sein de l'association FAImaison, un fournisseur d'accès à internet nantais. "Nous proposons un service neutre et respectueux de la vie privée des utilisateurs, à des particuliers, des entreprises ou des associations". Créée en 2012, la structure compte aujourd'hui une cinquantaine de membres et douze abonnés. Kheops y est bénévole depuis un an et demi, et multiplie les rencontres pour proposer des adhésions et des partenariats. "Je reviens tout juste d'une visite dans une école élémentaire. Ils sont dans une zone rurale et ont un accès limité à internet, alors qu'ils auraient le droit à la fibre ! s'indigne-t-il. À FAImaison, nous pourrions leur permettre d'avoir un meilleur débit, mais cela semble très compliqué à cause des contrats qui lient la commune à Nantes métropole". Le jeune homme se plaint d'ailleurs du manque de transparence. Il aimerait avoir accès plus facilement aux documents qui stipulent ces différentes clauses.

    De la chambre d'ado à l'enfer syrien

    Ce goût de la liberté, Kheops l'a eu lors de son adolescence. En tant que "pré-digital native", il est autodidacte et a grandi en même temps que la culture web : "Je fais partie de cette génération qui a connu le Mmnitel et le modem 56K !", plaisante-t-il. À 16 ans, il communiquait déjà avec des amis du monde entier rencontrés sur le net. "À cette époque, on était très libres. Pour moi, c'était normal de parler avec n'importe qui, quand je le voulais et où je le souhaitais". Cette passion pour l'informatique l'a ensuite poussé hors de sa chambre d'ado pour fouler les bancs de l'université. Il y obtient un diplôme d'ingénieur et devient docteur en informatique.

    "Mon activisme est arrivé plus tard, lorsque le printemps arabe a débuté ." En 2011, Il rejoint le groupe Telecomix, des activistes du net engagés en faveur de la liberté d'expression, et passe ainsi du statut de simple observateur à celui de cybermilitant. Égypte, Tunisie, Syrie… Ce collectif aide les populations persécutées du Moyen-Orient. Kheops, quant à lui, prend réellement part aux actions lors de la révolution syrienne. Aidé d'une dizaine d'amis hackers, il arrive à rediriger une partie du réseau internet syrien vers un site expliquant comment contourner la censure et protéger les communications. Poursuivant son travail d'investigation, le petit groupe s'est également fait connaître du grand public en révélant des preuves techniques de la surveillance du réseau par le régime de Damas. Profondément engagé, Kheops ira même jusqu'à se rendre sur place durant plusieurs jours lorsque le réseau sera coupé.

    Le retour vers un activisme plus local

    Depuis cette expérience, il s'est néanmoins un peu éloigné de l'enfer syrien et des révolutions arabes : "Psychologiquement, c'était très éprouvant, explique-t-il avec émotion. J'ai passé des nuits blanches à faire des "livestream"* des combats, à "chatter" avec des amis qui étaient là-bas et qui pouvaient mourir à n'importe quel moment…" Même s'il reconnaît qu'il aurait aimé continuer, Kheops a voulu s'impliquer d'avantage près de chez lui ou en Europe. "J'avais envie d'être physiquement avec les gens", précise-t-il. Faire du local tout en gardant le lien avec le reste".

    De cette volonté, découle ainsi son bénévolat au sein de FAImaison ou sa participation à la Quadrature du net. Il s'est également rapproché du mouvement anti-aéroport de Notre-Dame-des-Landes : "Pour moi, la Zad est un espace d'expérimentation, un lieu de liberté… J'y suis allé quelques jours en tant qu'observateur pour cartographier les différentes cabanes sur Open Street Map, une base de données géographiques libre du monde". Enfin, dernièrement, il s'est joint à l'Atelier de la Gouvernance (voir encadré) et interviendra aujourd'hui au Forum du numérique social, organisé à Nantes… toujours sous le nom de Kheops ! Nous n'en saurons décidément pas plus.

    * Diffusion en direct et continue d'un événement sur le web.

     

    Compte Twitter : https://twitter.com/kheops2713

     

    Atelier de la gouvernance : le point de vue d'un expert


    Le deuxième rendez-vous de l'Atelier de la Gouvernance a eu lieu le 23 octobre dernier. Kheops a participé aux deux premiers cycles de l'Atelier de la gouvernance et sera présent à la troisième rencontre le 27 novembre prochain à Nantes. Pour Terri(s)toires, il donne son avis sur l'initiative.

    Quel est ton avis sur l'Atelier de la gouvernance ?

    Je suis un peu partagé. Je crains une certaine "techno-béatitude", c'est-à-dire un "tout numérique" pour résoudre tous les problèmes. Mais la mobilisation des citoyens est une réflexion intéressante, même si l'événement est peut-être trop centré sur Nantes. Il existe déjà de nombreuses choses sur le sujet, par exemple une charte très complète sur le site republiquecitoyenne.fr : ça serait dommage que celle de l'atelier soit moins réussie…

     

    Quels sont selon toi les éléments essentiels pour une gouvernance ouverte réussie ?

    L'anonymat est une question centrale. La gouvernance ouverte est un peu comme un isoloir : chacun doit pouvoir exprimer son avis incognito. Le garantir est essentiel. La transparence des pouvoirs publics pose aussi des problèmes. Elle peut entraîner des conflits d'intérêts, au sein de l'administration ou avec l'extérieur. Dans quelle mesure diffuserait-elle ces informations dans ce cas ? Je suis méfiant.

     

    Quels sont les points positifs de l'événement ?

    Clairement : l'ouverture à la critique. Au départ, j'avais peur que ça soit en mode "cause toujours". Je dois admettre que les organisateurs sont réceptifs aux échanges. Je ressens également une volonté d'écoute de la part des élus présents. Du côté des participants, il y a un fort intérêt pour le sujet, avec de nombreuses questions. L'initiative me semble un petit peu naïve, mais elle est suffisamment ouverte pour être intéressante.

     

    Lire le compte-rendu de Kheops sur le premier rendez-vous de l'Atelier de la gouvernance

    Lire le dernier compte-rendu de l'Atelier de la gouvernance

    S'inscrire à la prochaine rencontre : http://cantine.atlantic2.org/evenements/atelier-de-la-gouvernance-3/


    Lire tous les épisodes de l'Atelier de la gouvernance

    Corentin Vital - Journaliste & Community manager
    Corentin Vital - Journaliste & Community manager

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