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    Citoyenneté

    Le collectif Xclus : des contes sensibles et un "militantisme joyeux"

    Les P’tites Laines sur scène Les P’tites Laines sur scène - © Les P’tites Laines

    Et si, par le conte, on faisait entendre la voix de l’autre ? C’est la douce utopie du collectif Xclus, qui essaime ses mots dans toute la France… En Vendée, il y a peu. À Nantes, le 24 septembre.

    Saint-Benoist-sur-Mer, en Vendée, environ 400 habitants. Le 10 septembre dernier, dans l’après-midi et jusqu’au bout de la nuit, ça a causé ! Vous savez, un peu comme ces causeries rurales, parfois patoisantes, mais surtout lieux de rassemblement de tout le village. Pas de patois ce jour-là. Mais ça a causé dur quand même ! Et de quoi ? De l’autre. Comment on l’accueille. Comment on dépasse ses peurs pour aller à sa rencontre. Comment on essaye d’ouvrir ses écoutilles et son horizon. Comment on peut faire société. Ensemble. Dans le partage. Et avec humanité.

    Une utopie, vous croyez ? Peut-être… Mais cette utopie sillonne la France depuis un an grâce au collectif Xclus. Un mouvement rassemblant artistes et programmateurs qui s’est formé "en réaction aux traitements infligés aux réfugiés et à tous les exclus en général." L’idée ? "Agir et résister à la sinistrose et la peur ambiantes en proposant des soirées festives où artistes, publics et associations se rencontrent."

    Des histoires singulières

    Les P’tites Laines, groupe de conteurs et musiciens vendéens Les P’tites Laines, groupe de conteurs et musiciens vendéens. À la clarinette, Pierre-Yves Bulteau, membre du collectif Xclus © Les P’tites Laines

    Pierre-Yves Bulteau, Vendéen, est l’un de ses membres. "Que peut-on faire, à part rester derrière son écran à signer des pétitions ? Que peut-on faire concrètement, au lieu de simplement constater qu’on parle bien trop souvent à la place des migrants ? De par mon histoire familiale, je suis sensible à ces questions. Je me suis dit que rejoindre Xclus était le moyen de faire entendre un autre récit que celui ambiant, trop souvent xénophobe", explique le militant.

    Également auteur du livre intitulé En finir avec les idées fausses propagées par l’extrême-droite, il est aussi clarinettiste dans le groupe musical Les P’tites laines qui a joué, à Saint-Benoist-sur-Mer, son spectacle engagé L’envol des cigognes. Et de poursuivre : "À travers le conte, on raconte des histoires singulières. Le migrant n’est alors plus simplement un nom générique ou un numéro. Tout à coup émerge un visage."

     

    "On est en danger, il faut qu’on se barre !"

    Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Faire témoigner ceux qui ont fui et quitté leurs terres natales. Comme Eleonora, d’origine moldave, victime de racisme. Pas au bon endroit au bon moment. Pas la "bonne" couleur de peau. Pas la "bonne" sexualité. "À un moment, ils n’ont pas d’autre constat que celui-ci : “on est en danger, il faut qu’on se barre !" Pas que des réfugiés économiques ou climatiques donc.

    "Le discours médiatique est le plus souvent excluant. En entendant parler migration, notamment dans les médias, impossible de s’identifier. Alors qu’ici, face à ces récits très concrets, cela prend une autre dimension. Cela pourrait être toi ou moi." De l’humain, encore de l’humain derrière le collectif Xclus, épaulé par la Cimade et le réseau Welcome Vendée lors de cette journée vendéenne.

    S’engager là où l’on vit

    "Et si c’était nous qui tentions de trouver une solution ? Si notre refus de laisser faire se transformait en super pouvoir ? Si on se fiait à nous mêmes ? Allons-y, regroupons-nous, à plusieurs c'est plus fort !"

    Susie Morgenstern, auteure pour la jeunesse, marraine de Xclus.

    À Saint-Benoist-sur-Mer, on est loin du "folklore bobo" se réjouit Pierre-Yves. Car oui, faire venir Xclus au cœur de la campagne vendéenne a aussi un sens. "S’engager là où l’on vit", comme le dit la conteuse vendéenne Bernadète Bidaude. Sortir également de l’entre-soi. Aller là où la plupart des événements culturels ne vont pas. L’espace d’une journée, ne plus être dans la confrontation. Que cette rencontre d’un jour mette à mal certaines idées nauséabondes, bien souvent préconçues.

    C’est aussi dans ce sens-là que des familles accueillantes du réseau Welcome Vendée sont venues témoigner. "Chacun a sa bonne raison d’ouvrir sa porte". En tout, à Saint-Benoist-sur-Mer, quatre accueillants et six exilés sont venus raconter leurs doutes, leurs peurs, leurs envies, leurs rêves, leurs espoirs…

    "Nous ressentons le besoin de faire société. Par le biais du collectif Xclus, j’ai choisi mon camp : celui de la diversité", glisse Pierre-Yves dans un sourire. "Nous essayons de contribuer à cette cause à travers un militantisme que l’on veut joyeux. La joie de la rencontre dans la création et le lien."


    À noter :

    Le collectif Xclus organise un temps fort les 23, 24 et 25 septembre dans plusieurs villes en France, mais aussi en Belgique, Suisse, Canada, Espagne… À Nantes, le 24 septembre à 20 h 30 à l’espace Cosmopolis (18 rue Scribe), à l’initiative du conteur nantais Marc Buléon et en présence des artistes Adama Adépoju, Christelle Levenes, Mr Mouch, Najoua Darwiche, Pierre Desvigne…

     

    En savoir plus :

     

    Voir aussi Les capsules sonores réalisées par la Cimade en partenariat avec Jet FM et Terri(s)toires et l'article sur le festival solidaire Migra'son.

     

    "L’envol des cigognes", ou l’épopée d’un jeune syrien


    Affiche de

    Mathieu Trichet, conteur au sein des P’tites Laines, et co-auteur du conte L’envol des cigognes : "Notre spectacle raconte le voyage de Samir, 10 ans, après avoir fui sa Syrie natale. Il rencontre différents personnages à travers son périple qui le mène jusqu’à Calais. Ce conte musical nous permet de parler du réseau de solidarité qui se met en place pour aider Samir, mais également de montrer le jeune garçon bousculé face à ses préjugés. Nous avons toujours écrit des spectacles engagés, mais celui-ci est peut-être un peu plus didactique que les précédents. C’est la mort du petit Aylan sur la plage, et sa photo publiée partout, qui nous a tous touché et nous a donné l’impulsion pour écrire cette nouvelle création."


    En tournée en Vendée et ailleurs. Toutes les dates sur : http://lucioleetgrillon.wix.com


    Trois questions à Dominique Declercq, fondateur du collectif Xclus


    De quel sentiment ce collectif est-il né, à votre initiative, il y a un an ?

    "J’habite à Lille. Calais n’est donc pas très loin… J’apporte là-bas, très régulièrement, des vêtements. Je donne un coup de main. Voir cela… De près… C’est un truc incroyable. Ce double grillage qui encercle les migrants… Je me suis dit : on ne peut pas ne rien faire. Il faut qu’il y ait une prise de parole. Qu’on raconte. Qu’on transmette des histoires autour du respect et de la solidarité. Qu’on provoque des rencontres. L’idée du collectif est venue assez vite parce que ça donne de la visibilité. Que ce ne soit pas juste un acte artistique mais un engagement politique au sens citoyen du terme."

     

    Après une année d’existence, quel bilan faites-vous ?

    "Je suis surpris de l’ampleur que cela prend. Je suis ému de voir comment les gens investissent les villes. Nous organisons deux temps forts dans l’année, un début février et un autre fin septembre. Pour cette deuxième édition, 35 actions sont prévues. Je prends conscience que cela fait du bien aux gens de se rassembler. Ça nous donne à tous de l’espoir. Parlons ! Contons et racontons ! Provoquons les rencontres et les réunions !"

     

    Pensez-vous que cette initiative collective, aussi fédératrice soit-elle, puisse profondément changer les choses ?

    "Je crois en la force du rassemblement. Pour moi, c’est un devoir d’œuvrer tout le temps, sans rien lâcher."

    Delphine Blanchard - Journaliste
    Delphine Blanchard - Journaliste

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