Actualités : inscription à la newsletter de Terri(s)toires

Recherche

Les ebooks à la Une


Folles journées
Folles journées Après Nantes voyage, les Romanciers Nantais ont réalisé un nouveau recueil en partenariat avec un événement phare de la…


Le FC Lorient
Le FC Lorient Troisième club professionnel breton, le FC Lorient est une valeur sûre du football français. De la première saison au…


C'était Ginette
C'était Ginette Première femme députée du Maine-et-Loire, comme l'indique le sous-titre du livre qui lui est dédié, Ginette Leroux était une…




  • Les feuilletons à la Une


    Chomlaik
    Chomlaik Marion Gommard-Jouan est partie à la rencontre "des artistes qui donnent à voir le monde". Au fil des histoires glanées sur plusieurs continents, et notamment à chaque…


    Au fil de l'estuaire de la Loire
    Au fil de l'estuaire de la Loire 200 km, à pied. "Appréhender l’estuaire dans sa globalité nécessite d’en arpenter les franges, pas à pas, au rythme du marcheur", expliquent Guy-Pierre Chomette et Franck Tomps.…


    Les tops de Terri(s)toires
    Les tops de Terri(s)toires Artistes locaux, endroits flippants, jolies plages, lieux aux noms insolites...  La rédaction de Terri(s)toires explore les territoires de l'Ouest à la recherche de perles, et dresse des…




  • Comment vont les fourmis ?

    -

    Écoutez l'émission de Jet FM sur l'économie sociale et solidaire (27 janvier 2017) :

     

    -

    Nos partenaires

    

    C'est vous qui le dites #24 (ép. 1)

    Le trou dans le CV ou le syndrome du "légume moche"

    Tous des légumes moches ? Tous des légumes moches ? - © CC SA 2.0 L'imaGiraphe / Flickr

    Depuis plusieurs mois, je cherche du travail, assidûment. Je fais partie des 30 % de citoyens qui seront une fois dans leur carrière confrontés à cette situation. J’ai été plusieurs fois en "short list", pour des postes où je correspondais aux critères objectifs exprimés et attendus. Donc "compétent", semble-t-il. Mais dans la majorité des cas, ces recrutements ont abouti à l’embauche d’un(e) candidat(e) qui était déjà en emploi. (Tribune libre)

    Cette réflexion fait le lien entre des considérations personnelles et des valeurs citoyennes et professionnelles. J’ai dirigé pendant 15 ans des organisations œuvrant dans le recrutement, l’insertion et la formation. Je connais donc bien les politiques d’emploi et de lutte contre les discriminations, publiques et privées.

    Le syndrome du "légume moche"

    Les évaluations du coût économique et sociétal du chômage et de la perte en capital social, individuel et collectif, sont bien documentées. Mais je n’ai trouvé aucune étude publique ou privée comparant les flux d’embauche et la situation des personnes recrutées, chômeurs ou actifs. Les vingt critères légaux de la discrimination à l’embauche ignorent ce motif. Les mouvements de promotion de la diversité et autres labels Diversité n’en font pas plus mention, fondés sur les mêmes critères. Dans la récente enquête Pôle Emploi, les chômeurs eux-mêmes n’en parlent pas, paraissant l’avoir oublié ou admis tacitement. Et cependant tous les conseils en recrutement le disent : "Pas de trou dans le CV !".

    Pourtant, quelques travaux scientifiques attestent d’une discrimination larvée. S’agit-il d’une "métadiscrimination", ou d’une vingt et unième discrimination, taboue, intégrée implicitement par tous les acteurs du corps social ?

    En m’inspirant de cette récente campagne publicitaire qui fait la promotion des "légumes moches", j’en viens à faire une parabole du marché de l’emploi : on peut en effet envisager comme hypothèse que les recruteurs considèrent d’un œil circonspect un candidat sans travail depuis plusieurs mois. Et que leur doute augmentant proportionnellement à la durée de chômage, ils choisissent le "produit" frais, calibré, le plus conforme aux canons du marché, en embauchant de préférence une personne déjà en poste. Compétent je suis, mais pas ou plus "employable".

    Le développement durable

    Un engagement citoyen et entrepreneurial. Les politiques publiques et les mouvements citoyens en charge du développement durable nous incitent à penser pour agir sobrement. L’utilisation du meilleur rapport entre la ressource disponible sur un territoire et le plus faible impact environnemental, autrement dit le circuit court, fait notamment partie des axes de travail. On en trouve des applications dans l’économie circulaire, l’agriculture de proximité, les ressources partagées en services ou en produits, la production et la distribution locales d’énergie, l’insertion par l’activité économique. Les outils de mesure des économies ainsi réalisées et de la valeur ajoutée sont, dans ce domaine, précis et fiables.

    Ces mêmes principes vertueux conduisent de nombreuses sociétés, associations, et collectivités à s’engager dans des politiques de responsabilité sociétale des entreprises (RSE), internes (emploi, qualité de vie au travail, gouvernance) ou externes (impact sur l’environnement, activités économiques responsables, implication territoriale). Là encore, il existe des labels, des réseaux d’entreprises, des formations dédiées. La RSE intègre souvent des politiques de lutte contre les discriminations, volontaristes et efficaces, au carrefour des volets internes et externes ; mais adossées aux vingt critères légaux.

    Vers un circuit court de l’accès à l’emploi

    On peut comprendre la position du recruteur précédemment évoquée. Mais alors, à candidature équivalente ou très proche, quel est l’impact sur l’écosystème social et économique du choix d’un candidat déjà en emploi ? Comment évaluer, faire prendre conscience, mettre au cœur du débat, et quelles actions pour combattre cet a priori discriminant ? Comment faire la promotion d’un circuit court de l’accès et du retour à l’emploi, au croisement des politiques internes et externes de RSE, et pour l’intérêt commun ? Il s’agit de s’interroger sur les moyens d’une spirale dynamique positive et globale, qui permettrait aussi de concentrer les ressources d’appui vers les chômeurs réellement en demande.

    Nous sommes tous des légumes moches !

    Avec un peu de bon sens, d’empathie et de méthode, on peut agir. Je suis prêt à m’engager dans ce mouvement, à en être relais ou catalyseur. Je suis donc à la recherche de partenariats auprès des médias, des réseaux d’entreprises, des collectivités, des universitaires, des professionnels de l’emploi qui permettraient d’approfondir cette piste, de porter le sujet dans le débat politique et citoyen, d’outiller la formation des acteurs et enfin d’évaluer l’impact économique et social. Il s’agit aussi de soutenir, structurer et financer cette démarche, pour que le sujet ne reste pas dans l’ombre. D’ici là, vous comprendrez que je choisisse le CV anonyme, pour éviter de rester moisir au fond d’une cagette !!!

     

    Merlin Voiforte

    Tribune légumes moches de Merlin Voiforte

    Merlin a choisi l'anonymat, mais répond aux questions et autres sollicitations :

    Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

    www.facebook.com/pages/Merlin-Voiforte/1597238017184650

     

    Parce que les bonnes idées se partagent…

    … et parce que nous croyons qu'il faut toujours favoriser le partage des idées, Terri(s)toires ouvre ses pages aux prises de parole des acteurs des territoires. Notre rubrique "C'est vous qui le dites !" est une chronique où nous souhaitons accueillir les points de vue les plus divers, ceux de simples particuliers et ceux d'experts patentés, parlant en leur nom propre ou pour le compte d'une organisation, d'une association ou d'un groupe… pour en tout cas provoquer le débat.

    Parmi les thématiques que nous privilégions, il y a celles qui intéressent la communauté des "Terri(s)toriens" : les initiatives sociétales de tous ordres, les modes de vie, et la culture dans son sens le plus large. Nous choisissons cependant de ne pas limiter les sujets potentiels, car c'est bien la nouveauté ou l'originalité des analyses, des opinions et des points de vue qui nous intéresse… et qui intéressera les lecteurs de Terri(s)toires.

    La rédaction se réserve le droit d'agréer les propositions qui lui seront faites. Pour proposer un texte, il suffit de nous contacter sur redaction@terristoires.info.
    Partager cet article :

    Dans la même rubrique :

    Vous n'avez pas le droit de laisser un commentaire ! Veuillez vous connecter ou vous abonner si vous n'avez pas encore de compte...