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    Comment une commune de Vendée est passée entre les mailles du football

    L'Épine : une histoire de Vendéens accros... au basket

    L'Épine, une cuvée sportive qui mûrit depuis 1928... Ici, un lancer franc en 1954. L'Épine, une cuvée sportive qui mûrit depuis 1928... Ici, un lancer franc en 1954.

    En Vendée, d'irréductibles accros au basket (à Luçon, Chambretaud...) résistent encore et toujours à la planète football. Leur addiction est parfois exceptionnelle. À Chantonnay, elle dure depuis 1928. C'est le club de l'Épine et sa devise imparable, "Qui s'y frotte, s'y pique".

    C'est l'histoire d'un shoot général. Mais pas pour le foot. À Chantonnay, il y a longtemps que sport et passion riment avec rebond, franchissant sans mal les rives du Petit Lay et de la Vendée, jusqu'au niveau national dans les années soixante-dix. Pourtant, même à l'Épine, le plus vieux club de basket-ball vendéen, on se frotte la tête pour expliquer ce qui l'a piquée.

    L'Épine, c'est une association sportive, une culture de la convivialité et une communauté farouche de 300 à 500 irréductibles à chaque match. Le journaliste de Ouest-France, Romain Raffin, qui a longtemps suivi l'évolution de l'Épine en Nationale depuis 1982, avoue ne pas avoir connu de telle frénésie ailleurs que dans ce club "mythique". "On est tous piqués", reconnaît le vice-président de l'Épine, Jean-Marie Avril. "Piqué" à l'Épine1, on le lui accorde volontiers : "45 licences au compteur dont une active", sourit-il. "Ma sœur joue et gère le site web du club. Mon père en a été le secrétaire pendant 35 ans à la suite de mon grand-père, l'un des fondateurs." Remontons avec lui le fil de l'histoire de Épine...

    Comment l'Épine naît avec une Épine "dans le pied"

    L'équipe de l'Épine en 1941, coachée par l'abbé Macouin.

    L'équipe de l'Épine en 1941, coachée par l'abbé Macouin.

    Après-guerre, dans les années vingt, l'histoire de l'Épine prend racine. L'école laïque ouvre ses portes, le basket-ball débarque des US, et, en Vendée, l'Église semble y voir un moyen de tirer son épingle du jeu. "À Chantonnay, l'abbé Macouin donne l'impulsion : c'est lui qui crée la première équipe de basket de la commune en 1928", raconte Jean-Marie Avril. On l'appelle "l'Épine" , section de la société de l'Épine, du nom du Marquis de l'Espinay qui préside la société et prête son terrain aux joueurs. "Ainsi d'un côté, il y avait les gars du privé dans l'équipe de basket, et de l'autre les anti-curés de l'école publique au football, dans l'équipe La Patriote !"

    Pendant des années, les basketteurs sont coachés par les abbés de la paroisse, qu'il pleuve ou qu'il vente, sur le gravier. Y compris pendant la Seconde Guerre, qui voit même naître en 1941 la première équipe féminine, "L'Aubépine". Et tandis que le football se développe gentiment depuis 1919, les résultats du basket décollent grâce à l'action d'un entraîneur chevronné, Jean Pouponnot. L'Épine devient un sérieux aiguillon lorsqu'en 1950, l'équipe masculine évolue en promotion d'excellence régionale, équivalent de la R2.

    Comment l'Épine construit la plus grande salle de Vendée

    La salle de basket de Chantonnay en 1954.

    La salle de basket de Chantonnay en 1954.

    Ces résultats annoncent la saga du basket chantenaisien. Avec, tout d'abord, un élan considérable pour "enraciner" l'Épine. "La poussée du basket pose rapidement la question d'une salle", poursuit Jean-Marie-Avril. "Alors le club lance un grand appel à la solidarité : les gars de l'Épine proposent aux habitants de Chantonnay d'acheter des briques (5 francs l'unité) pour bâtir, à même le terrain de basket, une salle de près de 1 000 m². La plus vaste de Vendée, à l'époque ! À l'exception de la charpente, toute la salle est réalisée bénévolement en 1953."

    L'énorme chantier collectif ne passe pas inaperçu dans les colonnes de la presse locale : "Chantonnay, situé presque à la lisière du Bocage et donc proche de la Plaine (…), apparaît à ce titre comme une petite capitale (…). C'est pourquoi la construction d'une belle salle omnisport, une des plus belles de la région, ne surprend personne ; la ville se tient au courant de l'actualité, qui porte la population et surtout les jeunes vers le sport ; elle n'est pas en retard." Plus qu'une salle, l'Épine a désormais un emblème.

    Comment l'Épine assure sa "starisation"

    Le concours charolais, un facteur de réussite pour l'Épine et de déstabilisation pour les équipes extérieures !

    Le concours charolais, un facteur de réussite pour l'Épine et de déstabilisation pour les équipes extérieures !

    Tom Bender, un géant qui inscrivait 30 points par match.

    Tom Bender, un géant qui inscrivait 30 points par match.

    En 1980, l'Épine accueille Philippe Blanchard... alias Philippe Katerine.

    En 1980, l'Épine accueille Philippe Blanchard... alias Philippe Katerine. Le reconnaissez-vous?2

    L'équipement a un effet levier sur la pratique du basket. Plus tard, on devra même pousser ses murs à deux reprises. L'Épine la loue pour les kermesses, la foire-exposition... ou le concours charolais à partir de 1959. Ce qui n'est pas sans rappeler des anecdotes... "Huit jours après le concours, les basketteurs revenaient sur le terrain et ça sentait pas la rose... Nous, on était habitués ! Mais quand les équipes adverses arrivaient... Ça a duré une bonne trentaine d'années." La gestion de ce patrimoine sent bon : elle donne l'assise nécessaire à l'Épine pour recruter, en 1970, l'un des meilleurs joueurs de La Roche-sur-Yon, Joseph Loko, pour former les Chantenaisiens. C'est le ticket gagnant de l'Épine vers le plus haut niveau régional. Et le début du "mythe" chantenaisien.

    Chantonnay se pique d'amour pour le basket. Lors des matchs de gala ou "de propagande", 600 à 800 spectateurs viennent applaudir des équipes phares comme l'ABC Nantes ou la Jeune France de Cholet. Pendant ce temps, le club s'attire des entraîneurs renommés et forme ses premiers arbitres. Lorsqu'en 1975, l'Épine réalise l'exploit en franchissant les portes de la Nationale 4, le club réalise son rêve d'Amérique : des joueurs de haute volée sont embarqués dans l'aventure chantenaisienne dont le géant Tom Bender (2 m 14), inscrit aux JO de Munich en 1972, ou Artie Babcock (2 m 04), qui marque à lui seul 160 points lors de ses quatre premières rencontres ! Les Chantenaisiens viennent "au spectacle".

    Avec 22 équipes engagées à la fin des années soixante-dix, dont l'équipe phare engagée en Nationale 3, l'Épine devient le premier club de Vendée. Les stars se succèdent. Y compris celles en devenir. Un certain Philippe Blanchard y aligne ainsi une dizaine de licences. "Déjà déjanté, un peu à l'ouest... ce doux-rêveur jouait avec les cadets pour s'amuser, jusqu'à ce que la musique prenne le dessus", se souvient Jean-Marie Avril, en pensant à ce joueur "talentueux" qu'était Philippe Katerine dans les années quatre-vingt. Pendant cette décennie, l'école de basket fonctionne à plein régime et l'Épine est le premier club vendéen à présenter deux équipes en Nationale.

    Peu à peu, à la suite du concours charolais, la grande foire-exposition de Chantonnay ferme ses portes. Le club lutte difficilement contre la rétrogradation de son équipe fanion. Et en 2015, le mythe de l'Épine est devenu une histoire confortable. Sur le terrain, on s'y frotte, à un niveau plus modeste et honorable, en régionale. Si les joueurs sont plutôt recherchés du côté de Saint-Germain-le-Princay, "dans le cadre d'une entente pour constituer l'équipe fanion", les "piqués" sont loin de lâcher prise. Car la greffe prend auprès des nouvelles générations. En 2015, on compte 240 licenciés et chaque week-end de championnat, ils sont jusqu'à 500 supporters, prêts à s'enflammer sur le parquet de l'Épine.

     

    1 Le basket, pas l'apéritif vendéen.

    2 Il se trouve en bas à droite, tee-shirt blanc numéro 8.

     

    Jean-Marie-Avril, vice-président de l'Épine.

    L'Épine en 2015, c'est 240 licenciés et 24 équipes, du baby-basket aux seniors.

    Jean-Marie-Avril, vice-président de l'Épine.

    L'Épine en 2015, c'est 240 licenciés et 24 équipes, du baby-basket aux seniors.

     

    Extrait d'un DVD sur l'histoire du club de basket de Chantonnay :

    Salle-de-basket-Chantonnay-en-1954.jpg
    Annie Rapin - Journaliste
    Annie Rapin - Journaliste

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