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    À Houat et Hoedic

    Les "Années collège" sur les îles du Ponant

    Matin et soir, neuf adolescents d’Hoedic prennent le bateau Matin et soir, neuf adolescents d’Hoedic prennent le bateau

    Quinze collégiens sont scolarisés à Houat, une des six antennes éclatées du collège des Îles-du-Ponant. Un établissement sans équivalent en France qui, depuis 40 ans, permet d’assurer l’éducation des jeunes de Batz, Ouessant, Molène, Sein, Groix, Houat-Hoedic jusqu’au secondaire sur leur île bretonne. In situ, profs et élèves s’adaptent aux très faibles effectifs, s’organisent selon les rotations des bateaux… "Le Ponant, c’est un choix", affirme Anne-Gaëlle, prof de français, en poste depuis dix ans à Houat.

    7 h 20 ce mardi matin, au large du Morbihan. Comme d’autres montent dans le bus, Angèle, Mathilde, Justine, Maxence, Enrique… et quatre autres ados d’Hoedic embarquent sur le bateau qui les mène au collège, sur l’île voisine de Houat. La traversée dure une vingtaine de minutes et c’est ainsi chaque matin de la semaine. Par mer d’huile, qu’il pleuve ou qu’il vente… Enfin pas trop, puisqu’en cas de tempête, les liaisons maritimes sont annulées. Et pas le lundi non plus. "Les bateaux partent dès 6 h 25 pour emmener les lycéens sur le continent où ils passeront leur semaine en internat. Nous, ça nous ferait arriver beaucoup trop tôt à Houat", explique la jeune Angèle.

    À eux neuf, ces jeunes Hoedicais constituent plus de la moitié des effectifs du collège de Houat. Quinze élèves y sont scolarisés, de la 6e à la 3e, depuis la rentrée 2012 – 2013. Au total, ce sont 107 élèves qui vivent ainsi leurs "années collège" sur les îles bretonnes de Batz, Ouessant, Molène, Sein, Groix et Houat-Hoedic, antennes éclatées du collège des Îles-du-Ponant, dont le siège administratif se situe à Brest.

    Sans équivalent en France, ce collège inter-îles et à cheval sur deux départements (Morbihan et Finistère) est né de la tempête. Celle qui en 1975 a contraint les jeunes collégiens des îles finistériennes à passer leurs vacances de Noël dans leur internat du continent, loin de leurs familles. Dur pour des gamins tout juste âgés de 10 ans pour certains. Un déclic pour parents et élus locaux qui se sont donc organisés pour voir la scolarité de leurs enfants assurée jusqu’à la fin du secondaire sur leur île.

    Deux logements : sur l’île et sur le continent

    Erwann et Anne-Gaëlle Le Guen sont en poste depuis une dizaine d’années à Houat. Lui, coordonateur du site, enseigne l’histoire-géo, les arts plastiques et le sport. Elle, le Français. Ils sont les seuls insulaires des cinq profs formant l’équipe enseignante de cette antenne morbihannaise. Répartis sur six sites, ce collège n’en reste pas moins un établissement à part. D’île en île, 26 enseignants se partagent les disciplines. Un premier poste pour la plupart d’entre eux. "Le Ponant, c’est un choix", lance Anne-Gaëlle, enseignante à Houat. "Celui d’une vie atypique", renchérit Erwann, son époux et coordonnateur du site. "C’est un peu l’aventure. On se trouve sur des îles sans voiture, coupés du monde. Au début, on le vit comme une expérience… qui se finit plus ou moins rapidement pour beaucoup".

    Erwann et Anne-Gaëlle s’y sont faits. Lui est en poste depuis 11 ans sur Houat, elle une ou deux années de moins. Tous les deux sont les seuls insulaires de l’équipe enseignante de cette antenne morbihannaise. "Nos trois autres collègues, eux, ont deux logements : un sur le continent où ils vivent, et un autre ici sur l’île où ils sont contraints de s’installer en semaine à cause des horaires de bateaux qui ne correspondent pas",

    Le Ponant, un choix ? Certes. Mais, in situ, profs et élèves doivent savoir s’adapter. À Houat, ce n’est pas seulement l’hébergement des profs, mais aussi l’emploi du temps des élèves qui est calqué sur les rotations des bateaux. Ces dernières étant trop matinales le lundi, les cours sont condensés du mardi au vendredi. Un rythme dont ne se plaint pas la jeune Angèle. "Je trouve ça plus pratique et puis ça nous fait des week-ends de trois jours", note cette élève de 5e. "Le lundi, ils sont quand même censés travailler un peu de chez eux", tempère Anne-Gaëlle.

    Dans un collège qui compte quinze élèves et cinq enseignants, les rapports entre ados et adultes sont forcément différents. À Houat, et à l’exception de deux profs, on a pris le parti du tutoiement pour tous. Avec trois élèves en 6e, six en 5e, deux en 4e et quatre en 3e, ce sont presque des cours particuliers qui sont ici dispensés. Des faibles effectifs qui ont bien sûr leurs avantages sur l’assimilation des cours et le suivi des élèves. Mais aussi leurs inconvénients. "Il manque un peu d’une dynamique du groupe, d’interaction, pour certains élèves", reconnaît Erwann. Anne-Gaëlle ajoute : "par contre, ça les oblige à toujours être concentrés ; dès qu’ils regardent un peu par la fenêtre, on le remarque tout de suite !"

    Maintenir la vie insulaire

    S’adapter, il le faut pour éviter le départ prématuré de ces Île de pêcheurs située au large de Quiberon, Houat compte quelque 270 habitants. Ici, il n’y a pas eu de naissance depuis quatre ans. jeunes îliens et parfois, avec eux, celui définitif de familles entières… Parce que, si "c’est super de vivre sur une île", comme s’exclame Angèle, elle aussi, comme sa grande sœur avant, sentira bientôt l’appel du continent. Or, le collège des Îles-du-Ponant a aussi été créé pour enrayer un certain exode insulaire. En près de 40 ans, la courbe de ses effectifs a suivi celle de la démographie de ces bouts de terre bretons. Au plus haut, on est monté à 130 élèves sur l’ensemble des six antennes.

    À Houat, "nous en avions entre 20 et 25 il y a dix ans", se souvient Erwann. Ici, les effectifs se maintiennent, ils seront encore treize collégiens à faire leur rentrée en 2014. Le couplage avec Hoedic permet de grossir largement les rangs. Mais d’ici quelques années ? À Houat, ils ne seront que six à l’école élémentaire l’an prochain. Et, sur cette île, il n’y a pas eu de naissance depuis quatre ans...

    Au collège des Îles-du-Ponant, on a déjà su s’adapter aux cas extrêmes. Comme à Molène où les deux seuls élèves inscrits, tous niveaux confondus, suivent certains cours par visioconférence. Bien sûr, à Houat, on n’en est pas encore là. Reste que le maintien d’une vie d’insulaire, c’est aussi savoir anticiper et prendre le bon virage… Ici comme ailleurs, le collège, aussi adapté soit-il, ne peut à lui seul inciter de nouvelles familles à s’installer. Les politiques de logement, d’emploi, comptent aussi, pour ne pas dire plus encore. Pour ne pas faire de ces îles de simples décors pour touristes… et continuer d’y voir des collégiens, à pied ou en bateau, prendre la direction de l’école.

    Stéphanie Biju – Journaliste
    Stéphanie Biju – Journaliste

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    Commentaires  

     
    0 #1 gaspardine 25-04-2013 15:33
    Dans la classe de maternelle de mon fils ils sont déjà 30! çà change
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