Actualités : inscription à la newsletter de Terri(s)toires

Recherche

Les ebooks à la Une


Folles journées
Folles journées Après Nantes voyage, les Romanciers Nantais ont réalisé un nouveau recueil en partenariat avec un événement phare de la…


Le FC Lorient
Le FC Lorient Troisième club professionnel breton, le FC Lorient est une valeur sûre du football français. De la première saison au…


C'était Ginette
C'était Ginette Première femme députée du Maine-et-Loire, comme l'indique le sous-titre du livre qui lui est dédié, Ginette Leroux était une…




  • Les feuilletons à la Une


    C'est vous qui le dites
    C'est vous qui le dites Puisqu'on vous le dit ! Cet espace vous est en effet réservé, sous réserve de prendre vous-mêmes la parole. Un point de vue à partager, un nouveau…


    Dans la roue d'Europ'raid
    Dans la roue d'Europ'raid La journaliste Delphine Blanchard embarque à bord d'une Peugeot 205 qui participe à l'édition 2017 d'Europ'raid. En 23 jours, elle va traverser 20 pays et parcourir plus…


    Chomlaik
    Chomlaik Marion Gommard-Jouan est partie à la rencontre "des artistes qui donnent à voir le monde". Au fil des histoires glanées sur plusieurs continents, et notamment à chaque…




  • Comment vont les fourmis ?

    -

    Écoutez l'émission de Jet FM sur l'économie sociale et solidaire (27 janvier 2017) :

     

    -

    Nos partenaires

    

    Les Petits chaperons rouges à Trignac : "Do you speak baby english?"

    L'apprentissage ludique des langues étrangères. L'apprentissage ludique des langues étrangères.

    Depuis septembre 2013, les enfants de la crèche interentreprises de Trignac (44) bénéficient d’activités linguistiques. Respectueux du rythme des tout-petits, cet apprentissage ludique et précoce leur permettrait, dès le plus jeune âge, d’appréhender spontanément les langues étrangères et d’en faciliter l’acquisition lors de leur scolarité. Une conviction portée par Emuli, l’association à l’origine du projet.

    Poussée la porte des Petits chaperons rouges, à Trignac, l’ambiance est sans doute la même que dans la plupart des crèches de France : en fond, le fredonnement d’une comptine et les babillements des bébés ; sur les murs, des dessins et des gommettes. Derrière les portes de chaque section, la journée débute. Une journée classique dans le monde des tout-petits ? Presque, à ceci près qu’ici, on s’exprime à la fois dans la langue de Molière et dans celle de Shakespeare. Après la langue des signes – introduite de longue date pour que tous puissent s’exprimer et se faire comprendre avant l’arrivée du langage –, cette structure s’est mise à l’anglais à la rentrée scolaire 2013. Depuis, même les bébés le parlent… ou tout du moins l’écoutent.

    "Old Mac Donald had a farm, E-I-E-I-O…" : les enfants forment une ronde autour de Janine Bridger, l’animatrice en anglais. Ils imitent ses gestes, entonnent une nouvelle comptine, courent, sautent, tournent et virevoltent. Ils s’assoient ensuite pour écouter les aventures de Spot, un chiot bien connu des petits Britanniques. Histoires, chansons, jeux, repas : tout a lieu en anglais et cela ne semble pas déstabiliser les bambins. "À mon arrivée, j’ai pensé qu’il y aurait une appréhension de leur part, se souvient Janine qui intervient désormais quotidiennement auprès des Petits chaperons rouges. S’ils se sont d’abord montrés interloqués, ça n’a pas duré. Ils sont curieux et s’amusent à jouer avec la langue en l’intégrant à leur quotidien. Comme pour tous les petits, la répétition et le jeu sont la clé. Je ne peux pas agir de façon professorale ou les forcer ! Pour bien apprendre, il est indispensable de se greffer à leur rythme."

    Initialement chef de projet dans une agence de design, rien ne semblait destiner la jeune femme à enseigner l’anglais. Sollicitée par le comité de jumelage de Pornic après son installation dans la région, elle s’intéresse à l’apprentissage linguistique précoce pour en faire un métier à part entière. "On croit souvent que le "The" est naturel pour les Anglais, or il n’en est rien. On l’apprend, au même titre que les Français apprennent les particularités de leur langue. Je travaille à partir de la méthode Jolly phonics, utilisée dans la plupart des écoles anglaises. S’appuyant sur la phonologie, c'est un apprentissage très ludique fondé sur les sons, les images, les couleurs, etc."

    Les Français, trop nuls ?

    À l’origine du projet se trouve Emuli. Cette association, créée en 2011, milite pour une éducation plurilingue précoce et innovante. Elle souhaiterait voir son application auprès des écoles françaises grâce au concours de l’Éducation nationale. Ne tournons pas autour du pot : les Français ont la réputation d’être nuls en langues étrangères. Des études récentes menées par Education First (EF) et par le British Council placent la France en queue de peloton du classement européen. Elles démontrent que, là où la plupart de ses voisins ont fait des efforts en matière d’apprentissage, notre pays, quant à lui, stagne malgré l’intégration d’un enseignement linguistique dans les programmes scolaires du primaire.

    Trop paresseux ou vraiment pas doués les Français ? "Si les choses évoluent, nous avons encore des progrès à faire ! On privilégie encore trop l’apprentissage par l’écriture et la grammaire, déplore Alain Zivy, le président d’Emuli. On pense qu’une fois que ces bases sont acquises, le reste suivra. Or la plupart du temps, nous sommes mal à l’aise pour parler et nous nous créons des blocages. Le plus important, c’est d’abord de savoir communiquer et d’avoir envie de s’exprimer."

    Tout petits, les enfants bénéficient qui plus est d’une "plasticité auditive", à savoir une plus grande habilité à percevoir, différencier et restituer des sons différents. Très réceptifs, ils entreprennent donc les langues étrangères au même titre que leur langue maternelle en s’appuyant sur les activités ludiques et éducatives pour construire leurs propres repères. "Ils n’ont pas honte de faire des erreurs et ne perçoivent pas la difficulté, observe Céline Leprêtre, la directrice de la crèche. Ils sont encore dans la spontanéité et ne se créent pas de frein. En commençant dès le plus jeune âge, on s’inscrit également dans le respect des rythmes de l’enfant. En tout cas, l’immersion permet d’avancer à une vitesse fulgurante et dans un plaisir total !"
    Contrairement à une idée largement répandue, l’initiation simultanée à une seconde langue sera sans effet négatif sur l’apprentissage de la langue maternelle. "Il n’y a ni retard, ni accent, ni confusion, rappelle Alain Zivy. Même s’ils ne savent pas encore parler, les enfants savent bien distinguer les deux langues. L’une et l’autre s’épaulent et se nourrissent réciproquement."

    Éducation à l’altérité

    80 % des parents des Petits chaperons rouges travaillent pour le site nazairien d’Airbus – le géant de l’aéronautique – et sont appelés à s’installer, un jour ou l’autre, à l’étranger. Pour eux, la question du bilinguisme ne se pose pas : "Nous baignons dans un univers professionnel multiculturel, constate David Fabre, le papa de Lise, deux ans et demi. Cela s’inscrit donc en droite ligne ! C’est une chance de pouvoir partager cela aussi tôt avec notre fille. Ma compagne et moi avons vécu en Grande-Bretagne et sommes amoureux de cette culture. On n’osait pas forcément parler anglais à la maison, maintenant… ça nous a décomplexés !"

    Et pour les tout-petits, quel intérêt de débuter l’anglais dès le berceau ? Depuis les années soixante, de nombreuses études observent qu’à l’écoute d’une autre musicalité linguistique, les enfants développent de meilleures capacités d’apprentissage, de concentration ou d’agilité intellectuelle dans leur langue maternelle et pour l’ensemble de leur scolarité. Pour autant, les parents de la crèche de Trignac restent réalistes : "Si certains mots émergent et qu’on constate des résultats à la maison, je ne pense pas que cela rendra ma fille bilingue, concède Aurélie, la maman de Sofia, deux ans et demi. Mais elle profitera ainsi d’une ouverture à une autre culture et de plus d’altérité. Ça compte aussi."

    En savoir plus sur l'association Emuli : http://emuli.fr

     

    Panorama sonore au cœur de la crèche des Petits chaperons rouges, à Trignac

     

    Marie Hérault

    Partager cet article :

    Dans la même rubrique :

    Vous n'avez pas le droit de laisser un commentaire ! Veuillez vous connecter ou vous abonner si vous n'avez pas encore de compte...