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    Au fil de l'estuaire de la Loire - escale n°6

    Les roses blanches de l’écluse de Vair

    Dans les marais de Couëron et de Saint-Etienne-de-Montluc Dans les marais de Couëron et de Saint-Etienne-de-Montluc - © Franck Tomps

    Perdus, ils se sont perdus Guy-Pierre Chomette et Franck Tomps dans les marais de Couëron et de Saint-Etienne-de-Montluc. Mais c'était pour y trouver Claude Babin, cet éclusier qui connaît tout des marais, du secret de leur dédale et des traditions populaires qui y perdurent.

    Le brouillard s’est levé. Il a fallu attendre plus de trois heures pour que les marais cessent d’exhaler leurs bouffées de vapeur, pour que le soleil déchire la brume et dévoile le seul repère disponible dans ce paysage plat : les cheminées de la centrale EDF de Cordemais, dressées au bord de la Loire à une dizaine de kilomètres. Amer idéal sur lequel nous mettons le cap, nous pouvons enfin nous orienter pour traverser les 2 000 hectares des Marais de Couëron et de Saint-Etienne-de-Montluc.

    Mais il faut déchanter. De la vallée de la Musse à l’étier de la Giquelais, du canal de Ceinture à l’île du Grand Pineau, de la masure du Cunaud jusqu’au grand Kyriol en passant par le pré Gallerand, un labyrinthe de canaux, d’étiers, de douves et de rigoles nous emprisonne. Il faut trouver les passages, peu nombreux, peu visibles, le plus souvent de vieux poteaux électriques couchés d’une rive à l’autre au dessus de l’eau. Dessiné pendant des siècles par les moines « dessécheurs » de l’Abbaye de Buzay, ce dédale de voies d’eau régulées par une centaine de vannes et d’écluses a permis l’assèchement des marécages, leur domestication, leur mise en pâturage.

    Quand la marée montante graisse les prés

    Les prés sont détrempés, piqués de trous d’eau qui nous piègent à chaque pas. Parfois, des charolaises agressives nous en interdisent l’accès. Tours et détours… Notre trajet ressemble au vol d’une abeille jusqu’à ce que nous tombions sur Claude Babin, l’éclusier des marais. Ancien agriculteur aujourd’hui à la retraite, il a conservé quelques vaches auxquelles il est venu apporter du foin. Il en a profité pour relever les vannes principales de la vallée de la Musse, histoire d’ouvrir le passage à la marée montante et « graisser un peu les champs », comme il dit.

    Claude Babin connaît tout des Marais. L’écheveau imaginé par les moines cisterciens n’a plus de secret pour lui depuis bien longtemps. Pour poursuivre notre route, il nous conseille de passer par l’écluse de Vair, celle-là même qu’il ne va plus actionner depuis sa rénovation en 2007. Il la boude, vexé que les ingénieurs n’aient pas pris la peine de le consulter avant de transformer l’écluse en une vanne compliquée, chère et inutile. Le plus vieil ouvrage hydraulique des marais – il remonte à la fondation de l’Abbaye de Buzay au 12e siècle – avait pourtant été équipé en 1820 de portes d’èbe et de flot qui pouvaient s’ouvrir et se refermer à la seule force des marées. Claude Babin dit qu’il suffisait de les remettre en état plutôt que d’affubler l’écluse de ce portique disgracieux qui a prématurément vieilli. « Même le tapis à anguilles n’a jamais fonctionné ! Ceux qui ont inventé tout ce système, ils ont peut-être tous les diplômes, mais ils ne savent qu’écrire dans les livres ! » grommelle l’éclusier avant de pointer du doigt la direction à prendre.

    L’endroit le plus romantique des marais

    Quoiqu’il en soit, l’écluse de Vair reste sans doute l’endroit le plus romantique des marais. Les ruines de l’ancienne maison d’éclusier, abandonnée il y a quelques décennies, ajoutent une pointe de poésie qui fait de ce lieu l’un des plus prisés des amoureux de la région lorsqu’ils cherchent l’endroit idéal pour se faire photographier le jour de leur mariage. Plus rarement, des familles choisissent aussi de disperser à l’écluse de Vair les cendres de leurs proches incinérés.

    Nous franchissons l’écluse par une passerelle métallique. Discrètement posé sur l’ancienne maçonnerie, coincé sous un gros anneau d’amarrage, un bouquet de roses blanches se fane lentement dans son papier de plastique translucide, oublié par une jeune mariée ou déposé là en mémoire d’un disparu.

     

    Texte : Guy-Pierre Chomette. Photo : Franck Tomps

     

    D'autres regards sur les frontières


    Guy-Pierre Chomette, co-auteur de Aufil de l'Estuaire de la Loire.

    Guy-Pierre Chomette, né en 1969, est journaliste, rédacteur et auteur. Ses reportages sont publiés dans Géo, Marie-Claire, Le Figaro, Le Monde diplomatique, Politique Internationale, Géopolitique

    Prix Robert Guillain pour son travail sur la querelle russo-japonaise des îles Kouriles (Le Monde diplomatique), auteur du Piéton du Grand Paris (Parigramme, 2014), récit de voyage sur le tracé du futur métro du Grand Paris, coauteur de Réfugiés Climatiques (Dominique Carré, 2010), coauteur de Terre des Pôles (Années Lumière, 2008), auteur de Lisières d’Europe (Autrement, 2004).

    Contact : gpchomette@gmail.com

     

    Franck Thomps, co-auteur de Aufil de l'Estuaire de la Loire.

    Franck Tomps, né en 1973, est photographe indépendant, diplômé de L'école Louis-Lumière en 1997. Lauréat du concours Polaroid (1997), mention spéciale d'Attention Talent photo FNAC (2002) sur Paris, boursier du concours Photographie.com (2003). Son monde singulier est le reflet d'un regard distancié sur notre société. Son travail, attaché à la banalité des lieux et aux rites ordinaires, s’exprime au travers d'un regard serein et exigeant. En témoignent les séries Mimizan sur les vacances à la plage, Port Saint Louis sur la vie d'une citée ouvrière ou A7-E15 sur une aire d'autoroute.

    Il mène en parallèle ses projets personnels, ses commandes pour Libération, ses publications presse (JDD, Le Monde, Télérama, L'Obs…) et son activité dans le secteur institutionnel.

    Contact : info@atelierdujour.fr

     

    Philippe Le Boulanger

     

    L'auteur : Marek Corbel

    Citoyen masqué à la plume noire

    Daniel Chaigne

    Qui est Marek Corbel ? Sous ce pseudonyme énigmatique se cache un Breton âgé de 39 ans et originaire de Quimperlé, vivant aujourd'hui à Paris. Juriste au ministère de l'Éducation nationale le jour, écrivain la nuit, Yves Croguennec, de son vrai nom, mène en quelque sorte une double vie : d'un côté le Droit et les règles intangibles, de l'autre une aventure éditoriale mêlant fiction et engagement.

    "Passionné par les romans noirs et fidèle admirateur d'auteurs tels que James Ellroy, Frédéric H. Fajardie et Dennis Lehane, je me suis lancé dans l'écriture en 2011", explique l'intéressé. "Mes intrigues s'inscrivent toutes dans une époque, avec ses contradictions et ses forces sociales en action. Je trouve bien souvent mon inspiration dans des faits historiques."

    Au fil de ses six ouvrages, Marek Corbel distille de manière plus ou moins énoncée une critique sociale, voire politique, du monde contemporain. La Tanière du Laonnois, son premier polar, prend par exemple la forme d'une enquête sur l'extrême droite française des années 1980. Pour Il était une fois 1945, il s'inspire cette fois-ci d'une expérience personnelle pour s'attaquer aux arcanes du syndicalisme dans la police. En pur Breton, il apprécie également interroger la notion de régionalisme, comme dans Le Sanctuaire de Cargèse et Concarn' oir, qui se déroulent respectivement en Corse et en Bretagne. Plus récemment, en 2014, il a tout simplement délaissé la forme du roman policier pour écrire le premier volet de sa trilogie En proie au labyrinthe, son livre le plus politique jusqu'à maintenant.

    Parlant plus facilement de Marek Corbel que de l'homme derrière le masque, Yves Croguennec reste finalement assez prudent et discret sur sa vision du monde actuel et sa vie personnelle. Mais il est fort probable que la clé de cette énigme se trouve entre les lignes…

    Corentin Vital

     

     

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