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    Madipax, de grands projets pour le dialogue interreligieux

    Farid Abdelkrim et Jacques Hubert, les deux piliers de Madipax. Farid Abdelkrim et Jacques Hubert, les deux piliers de Madipax.

    Depuis dix-huit ans, l'association nantaise Tibhirine défend le dialogue interreligieux. Portée par le même groupe, une autre prend place à ses côtés : Madipax (abréviation pour Maison du dialogue et de la paix). Si les objectifs restent les mêmes, le but est de repousser les frontières. Jusqu'au Sahara.

    1994. Jacques vient visiter Célestin dans son monastère perdu du Sud algérien. Ils se sont rencontrés quelques années plus tôt, à l'occasion d'actions de quartier dans la cité des ducs où habite Jacques. Ce voyage africain qu'il entame est fondateur. "Il n'y a pas de vie spirituelle sans voyage, sans traversée d'océan ou de désert. On rencontre forcément quelque chose ou quelqu'un dans le désert", explique-t-il.

    Il vit seul dans un ermitage de l'Assekrem (Hoggar), "épreuve rude et décapante" après un mois au monastère. Le nom de ce dernier, où il vient de laisser Célestin, sera bientôt tristement évoqué : Tibhirine.

    Promouvoir le dialogue interreligieux

    L'enlèvement et l'assassinat des moines de Tibhirine ont marqué la France et l'Algérie. Et Jacques plus encore, lui qui nous raconte son histoire dans un café non loin de la cathédrale de Nantes. Jacques, c'est Jacques Hubert, un sexagénaire aux idées hautes et au verbe clair. C'est à partir de ce qu'il a vécu et laissé là-bas, dans le Sud algérien, qu'il a décidé de se consacrer au dialogue interreligieux. Faire en sorte qu'échangent tous les croyants, le but était partagé avec d'autres associations locales de France. Mais à l'époque, nulle initiative de ce type à Nantes. D'où la création de Tibhirine, présidée par Jacques Hubert. Depuis dix-huit ans, elle est un lieu d'échanges cultuels : rencontres, conférences, festival de la paix, marches interreligieuses...

    Vu les nouveaux défis, Tibhirine était probablement un peu à l'étroit. Dans l'évocation chrétienne de son nom tout comme dans son territoire. Créée cette année, sa petite sœur l'association Madipax veut rayonner au niveau national. Il est toujours question de s'ouvrir à la notion du vivre-ensemble, et de dépasser le dialogue interreligieux pour aller vers son pendant interculturel. Surtout, ses membres veulent créer un espace innovant pour "accueillir des personnes de tout horizon, âge, religion ou culture" : bâtir à Nantes une Maison du dialogue et de la paix (projet qui donne même son nom à l'association), à Nantes. Une vraie, en dur. "Mais quand on a vu les prix, ouch !", concède un Jacques Hubert effaré. Du coup, ils recherchent plutôt à investir un lieu existant.

    Farid et Jacques, islam et chrétienté

    Farid Abdelkrim a rencontré Jacques Hubert à la fin de 2013. Il connaît bien les arcanes de la représentation des cultes : ce quadra aux larges épaules a été entre autres président des Jeunes Musulmans de France. "Moi, je suis la voix musulmane !", explique-t-il. Ce Français aux parents algériens a pour métier celui d'humoriste. Forcément, son one-man-show cause religion et culture. "C'est basé sur l'autocritique ! Pour rire à plusieurs. Pas rire de, mais rire avec !", défend-il. Après son spectacle, le spectateur peut prendre part à un débat à trois voix entre islam, chrétienté et judaïsme.

    C'est justement lors d'un moment fort de dialogue que leur convergence leur est apparue. Lors de ce débat en décembre dernier à la mosquée de Nantes où se sont réunies 850 personnes. "On s'est dit qu'on n'allait pas s'arrêter sur une note si positive. Jacques Hubert cherchait des gens pragmatiques, donc, bien sûr, ça m'a intéressé", raconte Farid. Rejoignant Madipax tout juste éclos, il propose un nouveau moyen d'action : l'organisation d'un Voyage de la Paix. Huit jours sur les lieux de ses origines, al-Kantara, cité algérienne aux portes du désert. Ce sera en avril 2015, "avec l'aval du gouvernement algérien", précise Jacques Hubert.

    "Se ressourcer, marcher, ensemble"

     

    "Ce n'est pas un voyage d'agrément, c'est une rencontre entre communautés. Il faut que la mayonnaise prenne entre les gens, et pour ça il faut un voyage. Aller dans le désert, se ressourcer, marcher, ensemble", se projette le président. L’évêque de Constantine, l’archevêque d'Alger, l'imam de Bordeaux et un rabbin non encore choisi devraient être du voyage. Cette escapade spirituelle respecte à leurs yeux l'essentiel de leur mission. "En ce moment, on en arrive tous au même constat de repli, partout. Mais si on vit en vase clos, sans rencontrer l'autre, on ne fait rien naître. À quarante-sept balais, je sais qu'il faut monter des actions concrètes, des exemples", démontre l'humoriste militant.

     

    En attendant, ils travaillent tout deux à faire bouger les lignes. Médiatiquement, déjà : en novembre, Jacques Hubert était invité de Radio Fidélité et Farid Abdelkrim de France Inter. Outre la promotion de leur association, les quinze adhérents – "ça démarre juste !", tempère Jacques Hubert – s'activent autour d'un autre projet pour début 2015. L'idée, "une journée de repas pris ensemble", préparés par des chefs. Chaque repas exprimant son caractère religieux propre, de telle sorte que chaque participant comprenne comment la religion façonne le rapport à l'alimentation. Spirituelles ou dans l'assiette, les nourritures ne sont en tout cas qu'envisagées dans le partage.

     

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    Benjamin Belliot-Niget - Journaliste
    Benjamin Belliot-Niget - Journaliste

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