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    Marï-Am Sao : "À 9 ans, je voulais devenir Mère Térésa"

    Marï-Am Sao et une partie de l’équipe du lieu collectif "Chez nous" à Nantes. Marï-Am Sao et une partie de l’équipe du lieu collectif "Chez nous" à Nantes.

    Il y a une dizaine d’années, elle débarque à Nantes avec le projet de créer le premier centre culturel africain de France, sur le modèle de ceux que les Français ont essaimé partout dans le monde. Marï-Am Sao fonde Casa Africa, association qui organise son festival (Casa Palabres) début novembre, à Nantes et dans la région. Elle s’occupe également de l’association Tak-Apres qui gère un lieu collectif de proximité dans le quartier du Breil. Portrait d’une femme volontaire qui baigne depuis toujours dans l’économie sociale et solidaire.

    C’est la fin de la journée "Chez nous", le local de l’association Tak-Apres. Les machines à coudre et les fers à repasser sont au repos. On échange autour d’un thé ou d’un café. Cinq gamines d’une dizaine d’années entrent timidement, un sac de vêtements à la main. "Une dame m’a dit qu’on pouvait vous le déposer ici", lâche l’une d’elle en tendant son paquet à Marï-Am Sao. En le prenant, celle-ci explique aux jeunes filles que leur geste servira à aider des personnes qui en ont besoin, en France ou en Afrique. "Et n’hésitez pas à revenir quand vous voulez, on aura toujours des petits gâteaux à vous offrir". Un mode de "recrutement" comme un autre pour cette infatigable militante du vivre-ensemble qui est l'un des moteurs du réseau des Ecossolies depuis sa création.

    Casa Palabres : l’Afrique numérique

    Affiche du festival Casa Palabras. "Au départ, je souhaitais que Casa Palabres se déroule le 11 novembre comme un symbole de tous les Africains qui sont venus se battre en Europe lors des deux guerres mondiales", souligne Marï-Am Sao, fondatrice de l'association Casa Africa qui organise le festival. Les premières éditions se déroulaient donc sur une journée avec un grand débat en point d’orgue ainsi qu’un défilé de créateurs africains et une soirée concert. Le festival a pris ses marques et a grandi au fil des années. Aujourd’hui, il se tient sur près de deux semaines, du 4 au 16 novembre, et se déroule en plusieurs lieux de la région à la faveur d'un partenariat avec d'autres associations locales. Le thème retenu cette année est celui de l'Afrique numérique avec des conférences, des concerts, des expos ou des rencontres littéraires.

    Programme complet : www.casapalabres.org

    Mitonner des menus "interculturels"

    Tout le monde est le bienvenu "Chez nous". "Quand je suis arrivée dans le quartier, il n’existait pas de lieu de rencontre et d’échanges, se souvient Marï-Am Sao. J’ai voulu créer cet endroit où des femmes du quartier et d’ailleurs valorisent leurs savoir-faire et se constituent un complément de revenus grâce à la couture ou au repassage. Nous comptons aujourd’hui quatre couturières et deux repasseuses".

    Mais l’activité de Tak-Apres ne se limite pas aux travaux d’aiguille. Chaque année, un groupe de femmes part plusieurs jours au Sénégal pour y mener des actions de solidarité internationale. "Nous signons un accord de coopération avec un village ou un quartier de Dakar sur le matériel scolaire, la création de jardins maraîchers, l’alimentation en eau ou en électricité", détaille Marï-Am Sao. Tous les mois, les locaux mis à la disposition de Tak-Après se transforment en restaurant. Les habituées y montrent comment mitonner des menus "interculturels" avec des produits locaux.

    Les jeunes ne sont pas oubliés. Au cours de l’année, ils peuvent monter un projet artistique au sein de l’association, qui débouchera là aussi sur un voyage, au Brésil ou au Sénégal. "Le plus souvent, ceux qui viennent nous voir sont désocialisés et ont perdu leurs repères, souligne Marï-Am Sao. Nous les laissons s’épanouir, petit à petit, grâce à la pratique artistique. Lors de leur séjour à l’étranger, ils rencontrent des artistes locaux. Cela a déjà donné lieu à l’enregistrement de disques et à des spectacles de danse au centre culturel français de Dakar. Les jeunes qui choisissent les arts plastiques sont invités à échanger avec un artiste local. Ils créent ensemble une œuvre exposée là-bas, puis ici".

    Schizophrénie du métissage

    L’échange, la solidarité, la pratique culturelle commune sont au cœur du combat de Marï-Am Sao contre le racisme et l’intolérance. Cette boulimique du lien social a découvert sa vocation très tôt. "À 9 ans, je voulais devenir Mère Térésa", lâche-t-elle dans un éclat de rire.

     

    Cette fille et petite-fille d’intellectuels descend d’une lignée de nobles nomades peuls. "Je suis née à Paris où mon grand-père s’était installé dans les années cinquante, résume-t-elle. Comme beaucoup d’enfants qui vivent le métissage, j’ai connu la schizophrénie de la double culture. Ce qu’on m’enseignait à l’école ne correspondait par vraiment à ce que l’on me disait à la maison. Le déclic est venu lors d’un voyage en Afrique quand j’avais 16 ans. Mon père avait décidé d’y emmener ses enfants. C’est là que j’ai découvert que les humains étaient les mêmes partout et que le racisme était universel".

     

    Commence alors un parcours marqué par l’engagement. Marï-Am Sao rejoint l’association Survie qui lutte contre la corruption liée à la Françafrique. Tout en poursuivant ses études en ethnopsychiatrie, elle fonde sa propre structure, Toubab a Kanel (TAK, qui deviendra Tak-Après à Nantes).

    Nantes, comme un symbole de lutte

    Mariam Sao et des personnes de l'équipe. Mais alors, pourquoi choisir Nantes ? "Pour moi, les choses ont toujours été très claires, c’était Bordeaux ou Nantes, tranche Marï-Am Sao. Je voulais à tout prix m’installer dans une des villes qui ont vécu de la traite négrière. Mon combat est politique, je le revendique, et ces villes étaient des symboles. J’ai constaté que la France possédait des centres culturels partout dans le monde, et notamment en Afrique. Je voulais être la première à monter un centre culturel africain en France".

    Ce projet est en train de prendre forme avec la création de Casa Africa. L’association dispose aujourd’hui de bureaux sur l’Île de Nantes, mais recherche un local pour devenir un véritable centre culturel. C’est elle qui organise depuis quelques années le festival Casa Palabres dont la troisième édition se tiendra en Pays de la Loire du 4 au 16 novembre prochains. Il proposera cette année une traversée inédite du continent à la rencontre de l’Afrique 2.0.

     

    En savoir plus sur Casa Africa : www.casaafricanantes.org

     

    Nicolas Démare

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