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    Au fil de l'estuaire de la Loire - escale n°2

    Nantes, quai de la Fosse : descente aux enfers

    La carrière de Miséry, à Nantes © Franck Tomps La carrière de Miséry, à Nantes © Franck Tomps

    Après une première escale sur le quai Wilson, l'écrivain Guy-Pierre Chomette et le photographe Franck Tomps poursuivent leur balade au fil de l'estuaire de la Loire. Pour ce deuxième épisode, les deux complices, encore à Nantes, découvrent un espace symbolique : le quai de la Fosse.

    Dans les entrailles du quai de la Fosse, confiné au ras des flots entre les pilotis de béton de l’estacade, le Mémorial de l'abolition de l’esclavage évoque sans ambiguïté l’entrepont d’un navire négrier. Des élèves d’une classe de seconde visitent le lieu et préparent un futur exposé. Prise de notes au smartphone, qui donneront à peu près cela : "Pour la seule traite Atlantique, celle organisée par les Européens, plus de 12 millions d’hommes, de femmes et d’enfants furent capturés, achetés puis revendus. On estime que trois millions d’entre eux ont péri lors de leur capture ou lors de la traversée vers le continent américain".

    En surface, le tablier du quai est parsemé de 2 000 pavés de verre. Pour la plupart, ils mentionnent le nom des navires nantais impliqués dans le commerce triangulaire qui fit de Nantes, au 18e siècle, le premier port négrier du pays. Impossible de traverser l’esplanade sans laisser son regard tomber sur L’Espérance, parti de Nantes en 1720, La Rose Aimée, parti de Nantes en 1791, L’Épreuve, parti de Nantes en 1784, La Fortune, parti de Nantes en 1732, ou La Félicité, parti de Nantes en 1815.

    Quant à La Gloire, parti de Nantes en 1740, sa destinée funeste ne se limite pas au trafic d’esclaves. En descendant le quai de la Fosse, on retrouve son fantôme au pied de la butte Sainte-Anne, dernier éperon granitique du sillon de Bretagne qui vient mourir là, coupé net, sur la rive de la Loire. En 1793, amarrée au quai Palamède – aujourd’hui quai du Marquis d’Aiguillon – La Gloire sert alors de dernière prison aux prêtres réfractaires condamnés à la noyade par le sinistre Jean-Baptiste Carrier chargé d’en finir avec les prisonniers vendéens, hommes, femmes et enfants confondus, défaits lors de la première guerre de Vendée. Entre novembre 1793 et février 1794, on estime qu’environ 3 000 d’entre eux furent entassés sur des gabares ancrées quai de la Fosse et envoyées par le fond au niveau de l’actuel pont de Cheviré. À quelques encablures de La Gloire, dans la carrière Miséry qui avait déjà dévoré une partie de la butte Sainte-Anne face à la Loire, des milliers d’autres prisonniers vendéens furent fusillés avant d’être enterrés dans des fosses communes aux abords de la ville.

    Ces friches urbaines où s’empilent les strates de l’Histoire

    Ouverte au 16e siècle, Miséry est abandonnée depuis une centaine d’années. Elle sert aujourd’hui de terrain d’entraînement aux graffeurs de Nantes. Des squatteurs investissent les galeries où venaient se réfugier les habitants du quartier Chantenay pendant les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Des matelas éventrés jonchent le sol au pied des falaises, dans des recoins embroussaillés. Le silence pèse, chargé de mystères comme peuvent l’être les friches urbaines où s’empilent les strates de l’Histoire. L’arène de granit ne résonne plus ni des salves de 1793, ni des bombes de 1944, ni de la complainte des Acadiens déportés par milliers du Nouveau Monde par les Anglais en 1775 et réfugiés ici, à Chantenay, dans des conditions insalubres et dans l’attente de leur réinstallation en Louisiane, dix ans plus tard. Ni même du bruit des forçats de la roche qui ont taillé pendant des siècles les socles, les pierres et les pavés de Nantes.

    Partout, la nature reprend ses droits et crève l’immense dalle de béton des Brasseries de la Meuse, dernier vestige de l’usine qui s’était nichée dans le cirque de Miséry jusqu’à sa démolition, en 1987. L’odeur du houblon, que les vents d’ouest poussaient parfois sur les hauteurs de Sainte-Anne, a disparu elle aussi.

     

    Texte : Guy-Pierre Chomette. Photo : Franck Tomps

     

    D'autres regards sur les frontières


    Guy-Pierre Chomette, co-auteur de Aufil de l'Estuaire de la Loire.

    Guy-Pierre Chomette, né en 1969, est journaliste, rédacteur et auteur. Ses reportages sont publiés dans Géo, Marie-Claire, Le Figaro, Le Monde diplomatique, Politique Internationale, Géopolitique

    Prix Robert Guillain pour son travail sur la querelle russo-japonaise des îles Kouriles (Le Monde diplomatique), auteur du Piéton du Grand Paris (Parigramme, 2014), récit de voyage sur le tracé du futur métro du Grand Paris, coauteur de Réfugiés Climatiques (Dominique Carré, 2010), coauteur de Terre des Pôles (Années Lumière, 2008), auteur de Lisières d’Europe (Autrement, 2004).

    Contact : gpchomette@gmail.com

     

    Franck Thomps, co-auteur de Aufil de l'Estuaire de la Loire.

    Franck Tomps, né en 1973, est photographe indépendant, diplômé de L'école Louis-Lumière en 1997. Lauréat du concours Polaroid (1997), mention spéciale d'Attention Talent photo FNAC (2002) sur Paris, boursier du concours Photographie.com (2003). Son monde singulier est le reflet d'un regard distancié sur notre société. Son travail, attaché à la banalité des lieux et aux rites ordinaires, s’exprime au travers d'un regard serein et exigeant. En témoignent les séries Mimizan sur les vacances à la plage, Port Saint Louis sur la vie d'une citée ouvrière ou A7-E15 sur une aire d'autoroute.

    Il mène en parallèle ses projets personnels, ses commandes pour Libération, ses publications presse (JDD, Le Monde, Télérama, L'Obs…) et son activité dans le secteur institutionnel.

    Contact : info@atelierdujour.fr

     

    Philippe Le Boulanger

     

    L'auteur : Marek Corbel

    Citoyen masqué à la plume noire

    Daniel Chaigne

    Qui est Marek Corbel ? Sous ce pseudonyme énigmatique se cache un Breton âgé de 39 ans et originaire de Quimperlé, vivant aujourd'hui à Paris. Juriste au ministère de l'Éducation nationale le jour, écrivain la nuit, Yves Croguennec, de son vrai nom, mène en quelque sorte une double vie : d'un côté le Droit et les règles intangibles, de l'autre une aventure éditoriale mêlant fiction et engagement.

    "Passionné par les romans noirs et fidèle admirateur d'auteurs tels que James Ellroy, Frédéric H. Fajardie et Dennis Lehane, je me suis lancé dans l'écriture en 2011", explique l'intéressé. "Mes intrigues s'inscrivent toutes dans une époque, avec ses contradictions et ses forces sociales en action. Je trouve bien souvent mon inspiration dans des faits historiques."

    Au fil de ses six ouvrages, Marek Corbel distille de manière plus ou moins énoncée une critique sociale, voire politique, du monde contemporain. La Tanière du Laonnois, son premier polar, prend par exemple la forme d'une enquête sur l'extrême droite française des années 1980. Pour Il était une fois 1945, il s'inspire cette fois-ci d'une expérience personnelle pour s'attaquer aux arcanes du syndicalisme dans la police. En pur Breton, il apprécie également interroger la notion de régionalisme, comme dans Le Sanctuaire de Cargèse et Concarn' oir, qui se déroulent respectivement en Corse et en Bretagne. Plus récemment, en 2014, il a tout simplement délaissé la forme du roman policier pour écrire le premier volet de sa trilogie En proie au labyrinthe, son livre le plus politique jusqu'à maintenant.

    Parlant plus facilement de Marek Corbel que de l'homme derrière le masque, Yves Croguennec reste finalement assez prudent et discret sur sa vision du monde actuel et sa vie personnelle. Mais il est fort probable que la clé de cette énigme se trouve entre les lignes…

    Corentin Vital

     

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