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    Projet Bionico à Rennes : l'homme qui rêvait d'avoir une main robot

    Nicolas Huchet et sa main robot Nicolas Huchet et sa main robot - © LabFab

    La technologie au chevet du handicap. Grâce à la démocratisation des innovations numériques, notamment les imprimantes 3D, et à la mobilisation de plusieurs acteurs rennais, Nicolas Huchet est en train de s'élaborer une main robot à tout petit prix. Le projet, baptisé Bionico, devrait faire des émules.

    Nicolas Huchet a subi une amputation de l'avant-bras droit suite à un accident de travail en 2002. Les tentatives de greffe ayant échoué, Nicolas découvre que son handicap est peu courant et donc mal pris en charge. On l'équipe d'une prothèse myoélectrique* qui ressemble à une main de Playmobil, bien différente de la prothèse articulée que les médecins lui avaient présentée... mais il s'est avéré que ce genre de prothèse haut de gamme est bien au-dessus de ses moyens. Nicolas se résigne et accepte la situation jusqu'au mois d'octobre 2012 où il se rend à VivaCités, un forum consacré au numérique, à Rennes. L'association Bug y présente sa toute nouvelle imprimante 3D et Nicolas découvre les plans d'une main robot...

    Vous avez dit "révolution numérique"?

    "Lorsque j'ai commencé à vivre avec mon handicap, je ne m'y intéressais pas. Mes amis, eux, regardaient des vidéos de mains robot sur le web. Moi, j'avais en tête des modèles de prothèse très évolués, mais il fallait compter entre 30 000 et 60 000 euros, entièrement à ma charge", explique Nicolas.

    En 2005, durant la guerre en Irak, il apprend que les États-Unis investissent de l'argent pour développer un robot avec des mains articulées ; puis découvre le monde du numérique, et notamment les créateurs de Thingiverse, des hackers qui mettent leurs plans à disposition sur internet afin que n'importe qui puisse construire des objets en trois dimensions.

    "De fil en aiguille, je suis allé à un événement consacré au numérique, près de chez moi, à Rennes, et j'y ai rencontré les hackers de l'assoce Bug. Je leur ai parlé de mon envie de créer une main robot, et l'idée les a séduits... d'autant qu'ils ne s'étaient pas encore rendu compte de mon handicap. Ils m'ont alors présenté Inmoov, le premier robot développé par Gaël Langevin, créé en open source et imprimable en 3D. Une révolution s'effectue dans ma tête : mon rêve va pouvoir se réaliser..."

    Je bug, tu bugs, il bug, bugons !

    Nicolas Huchet et Hugues Aubin, copyright LabFab

    Ceci est bien le début d'une histoire vraie, même si à première vue elle relève plutôt de la littérature de science fiction. Mais peut-être que l'aventure n'aurait pu avoir lieu sans l'association rennaise Bug. Créée en 1995 par Richard De Logu, elle réunit des passionnés d'informatique. En 1998, le projet se structure avec le soutien de la Ville, et l'association embauche cinq salariés pour monter des projets numériques au service de l'innovation sociale : conseil en informatique, graphisme, animation et accompagnements de projets pour le web, édition et journalisme. Les besoins en matière de numérique sont immenses et l'énergie de l'association permet de fédérer de nombreux acteurs des secteurs public et privé.

    Parmi les projets structurants, citons La Ruche, un réseau social de proximité à Rennes, le Musigraphe, une application web qui trace le réseau et les interconnexions du milieu musical, ou encore le tout récent fab lab rennais, appelé Lab Fab (pour laboratoire de fabrication francophone, voir plus bas). Un contexte idéal pour Nicolas et son rêve de main articulée, d'autant qu'il peut rapidement compter sur le soutien d'Hugues Aubin, chargé de mission numérique à la ville de Rennes.

    Passionné par les nouveaux usages des technologies de l'information, Hugues Aubin participe à des projets web dans le domaine associatif et privé, puis récemment pour les collectivités locales. Pour la ville de Rennes, il assure ainsi une veille sur les pratiques liées à l'informatique et expérimente avec les habitants de nouveaux usages du numérique : mise en ligne de la maquette 3D de la ville, équipement internet pilote avec les collectifs de handicapés, mise en place de la première application géolocalisée de la ville sur iPhone, utilisation de moteur de jeu vidéo 3D pour le partage de projets urbains, accompagnement de l'ouverture des données publiques de Rennes, musée en réalité augmentée, opéra en mondes virtuels...

    Fab Lab : changer le monde grâce au numérique

    Logo LABFAB

    Sur son temps libre, Hugues Aubin bidouille des petits "bricolages numériques", comme il dit en spécifiant qu'il est autodidacte. Mais le temps libre se confondant avec le temps professionnel, Hugues est rapidement devenu l'un des animateurs du Fab Lab rennais avec John Le Jeune. "Les Fab Lab, c'est un phénomène qui explose actuellement en France avec la Bretagne en tête de proue.", explique-t-il. "En l'espace de deux ans, six Fab Lab ont été créés en Bretagne et 31 en France. Dans la situation actuelle, qualifiée de crise, on cherche des solutions dans tous les sens. Le Fab Lab est une réponse dans la mesure où l'on y remet en question la notion de "propriété intellectuelle" et l'initiative individuelle  y redevient le moteur de la création".

    Le concept de Fab Lab est apparu à la fin des années quatre-vingt-dix aux États-Unis. 1er prototype présenté au forum Handicap et Numérique à Lanester le 16 mai 2013 Conçu comme un lieu ouvert à tous, le Fab Lab met des machines-outils à disposition des créateurs d'objets. Les plans de ces objets sont conçus avec des codes informatiques qui peuvent s'échanger de façon libre sur internet. Ces lieux réunissent des personnes de tout âge, origine et profession, qui souhaitent passer du concept au prototype grâce au réseau de compétences et à l'outillage du Fab Lab.

    En France, si le phénomène explose tardivement, mais rapidement, c'est parce qu'il bénéficie souvent du soutien de l’État ou des collectivités et du secteur privé. Les Fab Lab sont à présent moins considérés comme des lieux en marge que comme des lieux d'expérimentation de projets innovants pour la société. En Mai 2012, l'association Bug a inauguré le Lab Fab rennais dans les locaux de l'école des beaux-arts. Un peu plus d'un an plus tard, le Lab croule sous les projets : boîte à sons, oreiller lumineux, globe terrestre, lampe veilleuse pour les enfants, robot REMI... En 2013, le Lab rennais s'est ainsi donné deux orientations stratégiques pour accompagner les créateurs : l'environnement et le handicap.

    Le projet Bionico

    2e prototype présenté à Tu Imagines ? Construis !, à Rennes du 28 au 30 juin 2013.

    Hugues Aubin est présent à VivaCités quand Nicolas vient se renseigner sur les possibilités de créer une main articulée grâce aux techniques mises en œuvre au sein du Lab Fab. Mobilisé sur ce projet, il y travaille dès le lendemain et propose à Nicolas de développer son prototype de main sous le nom de Bionico dans le cadre du Handilab rennais.

    Avec l'aide de Hugues, Nicolas avance à toute allure dans la confection du prototype de sa main robot. Il entre en contact avec Gaël Langevin, récupère les codes du robot Inmoov pour construire un premier prototype. L'imprimante 3D fait son travail avec un morceau de plastique et quelques vis. Le projet est dévoilé pour la première fois au forum Handicap et Numérique à Lanester en mai 2013. En parallèle, Gaël Langevin met Nicolas en contact avec un groupe de Brésiliens qui travaillent également sur un prototype de main Inmoov. Ils sont d'ailleurs plus en avance car ils ont réussi à fixer des capteurs sur la main pour l'articuler grâce au muscle du biceps. Avec ces nouvelles informations, Hugues Aubin parvient à trouver les capteurs aux États-Unis et se les fait expédier à Rennes pour une poignée d'euros. Après quelques tests, ils fonctionnent sur la main de Bionico, et un deuxième prototype est prêt pour le week-end de : "Tu Imagines ? Construis !", du 28 au 30 juin 2013 à Rennes.

    À l'occasion de cet événement, Bionico présente officiellement son prototype au grand public. Il est alors interviewé par une équipe italienne qui organise le prochain Maker Faire, à Rome, en octobre 2013. Un événement international consacré aux créateurs adeptes du DIY (Do it Yourself) auquel Nicolas est convié. Aujourd'hui, il se réjouit des avancées énormes et fulgurantes du projet, mais a aussi conscience du chemin qu'il reste à parcourir. La main de Bionico est encore trop lourde, elle n'a pas d’emboîtures et elle ne peut pas encore dissocier le mouvement de chacun des doigts. Il faudrait travailler avec des prothésistes, des spécialistes de la main... Mais son aventure pourrait en inspirer beaucoup d'autres. "Je crois beaucoup à l'avenir de la prothèse myoélectrique, plus que dans la main greffée. Mon rêve serait d'aller dans d'autres pays, le Vietnam, notamment, pour apprendre aux personnes amputées à construire leur prothèse pour pas grand-chose. Derrière le projet Bionico, il y a une véritable envie de créer de la ressource ensemble..."

     

    * La prothèse myoélectrique fonctionne grâce au courant musculaire capté par des électrodes posées sur un muscle.

     

    Pour aller plus loin...

    www.thingiverse.com

    http://inmoov.blogspot.fr

    http://blog.asso-bug.org/non-classe/bionico-l-histoire-est-ouverte

    http://bionicohand.wordpress.com/2013/06/08/bionico-cest-quoibionico-whats-that

     

    Vidéo réalisée par les italiens du Maker Faire sur Bionico à Rennes

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    Pauline Burguin - Journaliste
    Pauline Burguin - Journaliste

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