Aucun ! Avant elle, aucun livre n’avait encore traité ainsi le sujet ! Oh ! il existe bien des guides de "la drague sur internet" ! Éternels abécédaires de conseils qui, en quelques moyens à mettre en pratique, sont censés faire arriver à des fins, plus ou (à peine) moins ouvertement libidinales. Rien de tout cela avec les deux livres d’Élisabeth Hops… Le "plan d’un soir" n’en constitue pas le thème.
Des clics puis deux livres
Après avoir hésité, jeune femme, entre une carrière dans la police ou l’enseignement, c’est dans l’Orne, puis en Sarthe, qu’Élisabeth Hops, devenue enseignante en français et en grec, viendra s’installer. "J’ai passé toutes mes vacances de petite fille puis d’adolescente dans la Sarthe, à Coudrecieux. Sentimentalement, je voulais que mes livres sortent d’abord dans ce département". Chose faite. Depuis août dernier, ils sont tous deux en vente dans des librairies mancelles.
Dans le premier, l’autobiographique Les hommes point n€t(s), Élisabeth Hops fait le récit du quotidien de sa première histoire d’amour (2001 – 2004) avec un homme connu par le biais d’internet. Puis, dans L’@mour point n€t, preuves à l’appui, elle évoque sa (et la) pratique des sites de rencontres (2006 – 2009). Entremêlant récits de ses histoires d’amour, descriptions, analyses et réflexions, elle y explique, en en dénonçant certains mécanismes en place, le fonctionnement de ces sites "créés par des hommes". Elle y prend également position sur l’utilisation majoritaire de cet outil de mise en relation comme "terrain de chasse".
Amour virtuel et virtuels amours
Le tout premier récit rédigé des Hommes point n€t(s), l’enseignante le détruisit : "J’avais l’impression que c’était un règlement de compte". Car tel n’est pas son but déclaré. Et au regard de "l’incroyable histoire" d’amour racontée, cet écueil-là n’était pas forcément simple à éviter ! Mais son récit définitif, piqueté de lucides et vifs traits d’humour, parvient à l’esquiver sans apitoiement. De la même manière, Élisabeth Hops affirme ne pas avoir écrit "pour faire une thérapie".
Comme le fait comprendre le prologue du livre, sa visée est de prévenir : "Tout comme vous, je m’imaginais suffisamment forte, équilibrée et aguerrie, pour affronter les épreuves les plus mesquines de la vie, mais c’était sans compter sur l’invention et l’intervention extraordinaires d’internet. Je ne parle pas des peines contre lesquelles nos parents nous avaient mises en garde et qu’ils appelaient naguère "expériences", mais bien de ces souffrances dont j’estime le progrès et le virtuel en grande partie responsables. De cela, PERSONNE n’a su nous prévenir." De prime abord, on peut ressentir de ces lignes comme l’avant-goût d’un bien naïf journal intime. Ou même trouver cette énième mise en accusation du "progrès cause de tout" datée d’un autre âge. De prime abord... car l’écriture qu’adopte Élisabeth Hops, simple, directe, estompe assez vite ces premières impressions. Elle révèle ainsi au fil des lignes toute l’acuité d’une intelligence sensible et d’un esprit perspicace. Même si l’histoire les montre tous deux un temps sentimentalement parasités. Tant d’acuité peut même troubler, voire interroger le lecteur. Le masculin, surtout. L’histoire ? Au début, un ménage à trois (une femme seule, internet, un homme seul) pour l’espoir d’une vie à deux. La suite ? Aussi anodine puisse-t-elle paraître, elle s’avère être assez incroyable. Du scénario pour film ou téléfilm ! Elle se révèle au fil des pages du livre... Mais aussi, d’une autre manière, dans celles du second ouvrage.
Sous le pseudo, l’euro !
Quelques chiffres…- Plus de 800 000 personnes vivant en Bretagne ou Pays de la Loire seraient inscrites sur des sites de rencontres (source : guide-sites-rencontres.fr) - En 2009, le chiffre d'affaires du n° 1 français, Meetic, était de plus de 100 millions d'euros (source : societe.com). - À l'échelle internationale, 60 000 enfants seraient issus de parents rencontrés sur Meetic (source : rue89.com). |
Avec son deuxième livre, L’@mour point n€t, on quitte le récit autobiographique. Même si Élisabeth Hops y fait à nouveau celui de ces histoires d’amour initiées avec internet, sous forme de guide, elle explique et démontre le comment et le pourquoi du fonctionnement des sites de rencontres. Elle argumente également sur le comment et le pourquoi des comportements d’une majorité de ses utilisateurs.
Pour elle, la plupart des internautes ne se comportent pas face à l’écran de la même façon que dans la vie courante. "Dans la vie, je suis quelqu’un de très introverti. Mais derrière mon écran d’ordinateur, je suis alors piquante, incisive, ne fais pas de cadeau, et réponds du tac au tac". Et, pour mieux avérer le propos, d’ajouter : "Nos comportements ne changent-ils pas selon qu’on soit à pied ou qu’on conduise une voiture ?".
Des comportements qui, sous le trait de la plaisanterie, lui font par exemple opérer une judicieuse distinction entre "chasseurs virtuels", "seri@l-lovers", "jouisseurs euphoriques" et surtout, Graal de la quête amoureuse féminine version Hops, "les princes". Mais qui, dans une réflexion argumentée et accusatrice, lui font également remettre très sérieusement en question cet anonymat du pseudo qu’utilisent les sites de rencontres. Camouflage identitaire qui finit par induire chez certains internautes l’adoption d’étranges, quand elles ne sont pas illégales, libertés de comportement ! Jusqu’à la dépendance.
Ainsi comprend-on mieux le processus par lequel, sur le "n€t", les pseudos des uns servent aussi à préserver les euros… des autres ! Élisabeth Hops donne à voir tout l’intérêt que certaines économies du net ont de faire perdurer l’utilisation du pseudo. Et l’attendue pornographie n’est pas l’unique concernée !
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Pour promouvoir ses livres, édités pour l’heure à compte d’auteur, mais aussi pour servir de lieu d’information, d’échange et de dialogue sur tous les thèmes qu’elle y évoque, Élisabeth Hops a récemment ouvert un site internet : www.au-net.fr





















