Actualités :

Recherche

Les ebooks à la Une


Folles journées
Folles journées Après Nantes voyage, les Romanciers Nantais ont réalisé un nouveau recueil en partenariat avec un événement phare de la…


Le FC Lorient
Le FC Lorient Troisième club professionnel breton, le FC Lorient est une valeur sûre du football français. De la première saison au…


C'était Ginette
C'était Ginette Première femme députée du Maine-et-Loire, comme l'indique le sous-titre du livre qui lui est dédié, Ginette Leroux était une…




  • Les feuilletons à la Une


    C'est vous qui le dites
    C'est vous qui le dites Puisqu'on vous le dit ! Cet espace vous est en effet réservé, sous réserve de prendre vous-mêmes la parole. Un point de vue à partager, un nouveau…


    Dans la roue d'Europ'raid
    Dans la roue d'Europ'raid La journaliste Delphine Blanchard embarque à bord d'une Peugeot 205 qui participe à l'édition 2017 d'Europ'raid. En 23 jours, elle va traverser 20 pays et parcourir plus…


    Chomlaik
    Chomlaik Marion Gommard-Jouan est partie à la rencontre "des artistes qui donnent à voir le monde". Au fil des histoires glanées sur plusieurs continents, et notamment à chaque…




  • Nos partenaires

    

    Signalétique routière bilingue

    Bienvenue en Liger-Atlantel ?

    La Loire-Atlantique, département breton ? La Loire-Atlantique, département breton ?

    Dès le début de la présidence de Patrick Mareschal, le Gwenn ha Du a flotté au-dessus du siège du conseil général de Loire-Atlantique. Et fin 2010, le département a questionné toutes les communes du territoire sur une éventuelle signalétique routière bilingue. L’occasion de sonder l’attachement à la Bretagne… à défaut du rattachement.

    Nicole Lacoste, maire de Vallet

    Ne pas être laissés de côté”

    Nous avons mené une consultation interne, et il était impossible d’avoir des avis concordants. Nous ne sommes pas opposés au double affichage, mais à condition d’avoir un projet global. Au Sud Loire, nous sommes très loin de ça. Il y a des traces de la Bretagne historique à Clisson, qui a été la dernière marche de Bretagne, mais nous sommes un peu plus loin, et de l’autre côté de l’axe Nantes-Cholet. Nous avons une école de biniou, par exemple, mais elle représente une toute petite minorité de l’école de musique.

    Mais aussi…

    Le double affichage français-breton à Pornic (44) Suite au sondage du conseil général, sur les 26 communes qui se sont manifestées, 12 sont globalement favorables, et 14 défavorables. Voisine du Gâvre, Vay se présente comme dans un "secteur où le breton n’a jamais été parlé”. Tout comme Avessac, limitrophe de l’Ille-et-Vilaine, qui confirme également que “la commune parle gallo et non breton”. Frontalière du Maine-et-Loire, La Remaudière, à l’image de Vallet plus au sud, n’est pas opposée aux panneaux bilingues. Enfin, dans le Pays de Retz, Bourgneuf-en-Retz et Saint-Même-le-Tenu ont répondu négativement, tandis que Pornic affiche depuis longtemps son nom de Pornizh.

    Historiquement, le vignoble nantais a fait partie de l’ancienne Bretagne, mais économiquement, c’est un autre problème, et nous ne sommes pas favorables à l’intégration de la Loire-Atlantique dans la région Bretagne. Pour l’instant, Nantes et Rennes travaillent très bien ensemble et l’occupation du territoire est très saine : même si elle ne respecte pas l’histoire, elle fonctionne. Si les deux villes entraient en compétition et laissaient de côté des territoires comme la Mayenne, ça n’irait pas vraiment dans le sens de l’Histoire.

    Aujourd’hui, le vignoble nantais est une terre qui se réveille et se découvre un potentiel touristique non négligeable. C’est un pays de frontière, à la croisée de la Bretagne et de la vallée de la Loire. Si le double affichage sur les panneaux est intégré dans une démarche touristique globale de Pays d’art et d’histoire, nous n’allons pas faire sécession. Si un marquage visuel peut contribuer à identifier une image du territoire marqué par le passé et son vécu, pourquoi pas. Nous ne voulons pas être laissés de côté. Mais accepter une identité bretonne historique ne signifie pas revendiquer le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne.”

     

    Christine Lelièvre, maire de Sévérac

    Pas de raison de montrer un attachement”

    À la frontière du Morbihan, la commune a beau être limitrophe de la Bretagne, on n’y a jamais parlé breton. Historiquement, le gallo a été plus présent dans la région, mais était peu employé sur Sévérac. Il y a bien sûr eu un patois local, mais qui n’existait qu’à l’oral. Nous n’avons pas de raison de montrer un attachement à la Bretagne en affichant des panneaux dans les deux langues. Ce qui ne semble d’ailleurs pas gêner les habitants ou les communes avoisinantes.”

     

    Jean-Philippe Combe, maire du Gâvre

    Nous n’avons pas attendu le département”

    Je n’ai pas attendu la consultation du conseil général. Dès mon élection en 2001, nous avons pris l’initiative de mettre des panneaux avec le nom breton aux quatre points d’entrée de la ville. Nous avons consulté l’office de la langue qui a déterminé le nom de Ar C’Havr. J’arrive à le prononcer parce que je suis d’origine bretonne, mais ce n’est pas facile pour tous les habitants, c’est sûr !

    Le Gâvre est bretonne, c’est une évidence. Nous faisons partie de la Bretagne historique, la commune a été créée en 1225 par un comte de Bretagne, Pierre de Dreux. D’ailleurs, il y a encore des traces du parlé breton, ici. Il suffit de voir le nom des villes et villages qui nous entourent : certains sont d’origine romaine, comme Vay, mais beaucoup d’autres ont des noms celtiques, comme Guémené-Penfao. Le gallo était dominant, mais après tout, c’est une déclinaison du parlé breton et on ne peut pas s’y cantonner, car il est plus réducteur.

    Je crois qu’on est plus fort quand on est porté, rattaché à une culture et à une identité. Mettre le nom de la ville en breton, c’était afficher un état d’esprit, un attachement à notre histoire culturelle plutôt qu’à une dimension politique. Il ne s’agissait pas de rentrer dans des débats sur la question du rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne Même si le découpage de la région est artificiel : la Loire-Atlantique est une identité forcée qui fait peur aux politiques, parce qu’en cas de rattachement, il faudrait trancher entre Rennes et Nantes.”

     

    Jean-Claude Brisson, maire de Legé

    Un “non” à l’unanimité”

    Cette initiative traduit bien la position un peu “bretonnante” du conseil général. Certes, nous sommes en Loire-Atlantique, ici, mais à l’extrême sud où la cause bretonne a moins d’impact. Historiquement, certains villages de Legé ont même appartenu aux communes vendéennes des Lucs-sur-Boulogne et de Grand’Landes. Et aujourd’hui encore, les habitants sont davantage tournés vers la Vendée, que ce soit pour le marché de Challans ou les commerces de la Roche-sur-Yon à 25 km. Nantes, c’est pour les grosses courses ! Donc, à l’unanimité, nous avons voté “non” au double affichage en français et breton… avec le sourire, un conseiller ayant proposé d’afficher plutôt en patois.”

     

    La force des symboles

    Le conseil général de Loire-Atlantique et son drapeau breton Appartenir à un territoire connu et reconnu est source de dynamisme”. Pour Patrick Mareschal, alors président du conseil général 44, la question des liens entre la Bretagne et la Loire-Atlantique n’a rien à voir avec une quelconque forme de nostalgie. Au contraire. “Le développement vient toujours de l’intérieur, de gens qui se prennent en main. Et je pense qu’il y a, en Bretagne, depuis le début du XXe siècle, une volonté collective de se battre. L’image internationale qu’elle y a gagnée aujourd’hui vient ainsi de loin… alors que les Pays de la Loire partent avec un handicap : par moment, un territoire géographique peut en effet produire des projets communs plus facilement qu’un autre ; c’est une réalité. Et si la sagesse prévoit un jour de réunir les deux régions – ce qui aurait pu être fait, sans passer par la représentation nationale, lors du départ d’Olivier Guichard et d’Yvon Bourges , j’aime autant, pour l’instant, rester dans la force de la Bretagne historique. Se dire qu’on fait partie de “ça”. D’où ce sondage. Car même si je suis de formation technocrate, j’ai appris qu’en politique les symboles comptent. Et je crois qu’il faut entretenir ce sentiment d’appartenance, qui, d’un point de vue populaire, me semble assez répandu, pour éviter qu’il ne s’épuise.”

     

    Lire également l'interview de Patrick Mareschal, "ancien" président du conseil général de Loire-Atlantique.

     

    Témoignages recueillis par Alexandra Jore, Manuel Perreux, Olivier Retail et Thibaut Angelvy

    Partager cet article :

    Dans la même rubrique :

    Vous n'avez pas le droit de laisser un commentaire ! Veuillez vous connecter ou vous abonner si vous n'avez pas encore de compte...