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    Stand up paddle sur la Loire : Joëlle Terrien et son pied marin

    Descente de la Loire en stand up paddle. Descente de la Loire en stand up paddle.

    Un surf sur lequel on pagaie debout, ce n'est plus tout à fait bizarre. Vanté pour son accessibilité auprès du grand public, le stand up paddle n'en compte pas moins de vrais athlètes et aventuriers. Comme Joëlle Terrien qui a descendu ainsi la Loire de sa source à l'embouchure. Rencontre avec une Nantaise et son sport. Sur son fleuve favori, évidemment.

    Le plan d'eau est sans remous, sa surface ne trahissant que légèrement le courant vers l'aval. Vraiment, on peine à croire que cette calme étendue est la Loire. Descendant la cale de l'Est nantais où nous nous trouvons, Joëlle Terrien dépose dans le fleuve un long surf.

    Aussitôt, elle grimpe dessus, et c'est debout qu'elle le manœuvre à l'aide d'une pagaie. Avec un naturel dans ses gestes qui dit l'habitude de la planche et du fleuve : en 2012, elle a descendu la Loire ainsi, de la source à l'estuaire. Odyssée qui ne s'est pas toujours déroulée sous un soleil éclatant comme aujourd'hui.

    Le Sup, pour ramer partout

    Stand up paddle sur la Loire : Joelle Terrien et son pied marin. Faire le portrait de cette aventurière de 58 ans, c'est forcément brosser aussi celui de sa planche. Le stand up paddle (SUP), un esquif fin, mais ultra stable, fait pour se balader en lac, en rivière, en mer. Oui, même pour surfer la houle de l'océan. Le "supeur" Vincent Berruchon le fait parfois. Pour l'instant, il descend à son tour cette cale de Loire. Cet ancien champion de skate oublie régulièrement les joies du bitume pour celles de l'eau vue d'en haut.

    Se joint à eux un troisième adepte : l'auteur de ces lignes, pratiquant certes moins aguerri, mais bien accompagné pour l'occasion. Aujourd'hui, nous allons traverser Nantes. Debout sur le fleuve. "Quand tu connais la physiologie, tu comprends qu'on est fait pour ça. On est faits pour être debout, à s'adonner à des activités physiques : c'est naturel pour un être humain. Et mes trips, c'est complètement ça, je pars, tranquille, c'est juste normal", explique Joëlle, chercheuse en physiologie.

    Les trips ? Des voyages en SUP pour lesquels elle part une fois par an, en totale autonomie. Petit récapitulatif. En 2012, elle descend la Loire en un peu plus de trois semaines. L'année suivante, elle rallie Rome depuis Marseille. Votre serviteur, quant à lui, voit tôt perler ses premières sueurs, à l'approche du magnifique pont Éric-Tabarly. Décidément, les trips de SUP, ça doit nécessiter un sacré entraînement.

    Nantes, ville d’exception pour naviguer

    Stand up paddle sur la Loire : Joelle Terrien et son pied marin. "Entre la pirogue va'a et le SUP, je ne dirais pas que je rame tous les jours, mais presque. Nantes, à ce niveau, c'est exceptionnel ; tant de beaux plans d'eau dans une seule ville ! L'Erdre, la Sèvre, la Loire ; et l'océan est à 40 minutes", fait valoir Joëlle Terrien. Tout à la fois fins, musclés et tatoués, ses bras sont un témoignage de ce quotidien marin et sportif.

    Du sport, oui, elle en a mangé à toutes les sauces. L'ancienne handballeuse de l'équipe de France a bouclé trois fois le marathon des sables dans le Sahara, et s'est classée dans les cinq premières femmes au trail de la Diagonale des fous (125 kilomètres de course à pied à travers la Réunion). L'effort, elle l'a dans le sang. Peut-être même dans les gènes : son fils Éric, qui l'a converti à la grande planche, est l'un des tout meilleurs mondiaux en courses de SUP.

    Joëlle est entraînée. Et entraînante, c'est sûr. Pour preuve, l'équipée que nous constituons dans son sillage. Tout au milieu du fleuve lisse argenté, on passe devant le stade Marcel-Saupin à bonne allure, Vincent filmant le tout depuis sa planche (voir la vidéo ci-dessous). Quelques encablures plus loin, on voit un flot d'Erdre jaillir de l'écluse Saint-Félix jusque dans la Loire. À côté de moi, Joëlle Terrien rame tranquillement ; son regard alerte savoure la vue sur la ville.

    "Si j'ai des soucis, en trois coups de pagaie je respire"

    "Le SUP, c'est aussi ça. Si j'ai des soucis, je prends ma planche, et en trois coups de pagaie, je respire. Presque un effet yoga !", s'enthousiasme-t-elle. Avant de modérer : non, le yoga est trop important à ses yeux pour utiliser le terme à tort et à travers. Supeuse, mais aussi yogi ? L'hyperactivité de Joëlle Terrien s'accompagne d'aptitude à la contemplation. En atteste sa fervente lecture de Théodore Monod, à la grâce duquel la Loire sous nos pieds se métamorphose en Sahara.

    Stand up paddle sur la Loire : Joelle Terrien et son pied marin. "Monod, c'était un marin qui s'est aperçu qu'il pouvait naviguer dans le désert. Il y a vraiment un lien entre ces univers. Dans l'eau, tu peux te retourner, tu n'as pas de trace de ton passage. Et dans le désert, pour peu qu'il y ait du vent, c'est pareil", assène-t-elle pour dire notre petitesse au monde. Concept vague, c'est vrai, alors que des touristes et passants nous adressent leurs encouragements depuis la passerelle Schoelcher, en face du nouveau palais de justice.

    Dans un petit sourire, elle admet : "on est les rois du monde ! On fait un truc que peu font. Et pourtant, c'est simple ! Ce matin, là, ça ne nous a rien coûté". C'est vrai. Mais pour le coup, Joëlle Terrien élude le coût d'un SUP : comptez minimum 600 euros pour du matériel neuf d'entrée de gamme.

    Bref, ces considérations financières sont encore lointaines à cet instant de notre navigation. Majestueux, le quai de la Fosse nous impose sa hauteur. Après nous être arrêtés au milieu du fleuve pour une pose photo – halte très relative vu le courant qui nous charrie inexorablement – nous rejoignons les abords de la grue jaune, jouons à nous perdre sous son quai de béton où opèrent de saisissants jeux de lumière.

    Un tour sur l'océan

    Sur notre gauche, l'Île de Nantes finit presque de dérouler son paysage industriel, où s'alignent les anneaux de Buren tristement éteints. On se rapproche du but, la cale Crucy, en bas de Chantenay. Une dernière épreuve, toutefois. Le Navibus, qui relie Trentemoult au quai de la Fosse, génère dans son sillage une vague un brin scélérate pour les SUP. Autant l'éviter. Alors le temps de sa traversée, on s'abrite à l'extrémité de l'île, dans le léger renfoncement d'un quai.

    Puis on repart. Transition déconcertante où le fleuve ne nous enserre plus dans la ville, semble nous relâcher dans un océan aux rives rapprochées. Marin, subitement marin, un vent se lève contre nous dans l'air devenu gris, la surface de l'eau moutonne, un léger clapot se fait sentir sous la planche. "Mais non, ça, c'est pas du clapot", taquine Joëlle. Vincent et elle ne prêtent guère attention à ces vaguelettes que leurs étraves fendent aisément.

    Nous débarquons les planches sur une rampe de la cale Crucy. Pour Joëlle, la halte sera brève. Le 6 septembre, elle s'envole pour l'archipel des Canaries. Là-bas, l’infatigable quinqua compte bien boucler son tour des îles de Fuerteventura et Lanzarote. L'océan qui s'approche, ce n'était pas qu'une sensation.

     

    Nota bene : ce reportage a pu se faire grâce à des pratiquants expérimentés, après avoir étudié les conditions de marée et de météo. Ne tentez pas de partir seuls en Loire. Si vous êtes tentés par le SUP, contactez l'association ligérienne Jade Paddle Surf dont Joëlle et Vincent sont des membres.

    Nantes - Mauves : virée sur la Loire en stand-up-paddle

    Benjamin Belliot-Niget - Journaliste
    Benjamin Belliot-Niget - Journaliste

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