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    Au fil de l'estuaire de la Loire - escale n°10

    Sur le pont de Saint-Nazaire

    Escale n°10 du feuilleton "Au fil de l'estuaire de la Loire" Escale n°10 du feuilleton "Au fil de l'estuaire de la Loire" - © Franck Tomps

    Guy-Pierre Chomette et Franck Tomps arrivent au débouché de l'estuaire de la Loire sur l'océan. Ils le reniflent à ras de marais et de brumes, ils le découvrent en majesté en escaladant au plus haut du pont de Saint-Nazaire. Impressions majuscules. (Dixième épisode du feuilleton Au fil de l'estuaire de la Loire)

    En descendant des marais de Brière, les eaux sombres du Brivet s’écoulent en serpentant jusqu’à la Loire. Le cours d’eau profite de ses 500 derniers mètres pour saluer les ruines d’un pont vieux de 300 ans dynamité le 18 juin 1940 devant l’avancée allemande, accueillir le petit port de Méan où mouillent quelques bateaux à l’abri de l’estuaire et glisser sous l’ancien pont du boulevard des Apprentis, abandonné il y a 40 ans au profit d’un autre, plus solide. Un dernier méandre et le Brivet disparaît d’un coup, happé par la vasière géante du Grand Tourteau.

    Aussitôt, une autre rivière prend le relais, à peine plus étroite. Toute de béton, de bitume et d’acier, elle semble prolonger le Brivet en s’élançant vers la Loire. Dans son élan, elle s’élève dans les airs, déterminée à enjamber l’estuaire. Comme à la surface d’un canal suspendu, des camions cargos y roulent à toute vapeur. Sur les rives, des margelles de 70 cm de large sont aménagées pour les marcheurs. Nous empruntons celle de droite, celle du grand large. Un ferry Lineas Suardiaz quitte les quais du port de Montoir, passe sous nos pieds en laissant derrière lui une longue traînée d’écume et met le cap sur Vigo. Le temps que nous parvenions au sommet du pont de Saint-Nazaire, il aura bien rapetissé et touchera l’horizon de sa proue.

    À bâbord, les portiques bleus et blancs du terminal de conteneurs de Montoir s’activent à décharger le Laura Ann de ses centaines de boîtes d’acier, à quelques encablures du banc de Biho, dernière émergence en Loire avant le grand large. À tribord, le paquebot MSC Meraviglia, dernier-né des chantiers navals STX, est en cours de finition. Ses 65 mètres de tirant d’air nous barrent la vue sur Saint-Nazaire qui se dévoile peu à peu au cours de notre progression. Le temps est couvert. Une légère brume voile de gris le trait de côte. Quelques trouées dans les nuages laissent parfois tomber des taches de lumière vive sur la surface de l’océan.

    Quelques instants au sommet, 60 mètres au-dessus de l’eau

    Étrange ascension : plus nous nous élevons au-dessus de la Loire — à moins que ce ne soit déjà l’océan, tant nous avons la sensation de marcher sur une frontière suspendue — plus le paysage s’aplatit et s’adoucit, et plus la violence de l’artère nous emporte. Le vent du large se mêle aux bourrasques des poids lourds qui nous dépassent en hurlant, les gaz et la poussière ne nous laissent aucun répit, nous sommes pris dans un tourbillon de bruits et de fureur qui nous presse de rejoindre rapidement ce paysage d’en bas et ses promesses de quiétude. Tels des vainqueurs d’un sommet alpin, nous ne restons que quelques instants au sommet, 60 mètres au-dessus de l’eau. Il s’agit de profiter du panorama, d’admirer l’ouvrage — du haut des deux pylônes qui culminent à 130 mètres, 72 haubans strient le ciel en éventail offrant des perspectives à couper le souffle — sans perdre de vue que la descente, comme la montée, dure trente minutes.

    Loin de s’élancer en ligne droite, le pont serpente délicatement d’une rive à l’autre. Il dessine un « S » très lâche, imperceptible sur une carte mais majestueux dans l’enfilade, comme un élégant déhanchement qui lui donne vie. On dirait un diplodocus nonchalant, étonné de traverser si facilement l’embouchure, à peine inquiété par le Serpent d’Océan — œuvre de l’artiste Huang Yong Ping — qui surgit des profondeurs à ses pieds, la gueule ouverte et menaçante. Fantastique bestiaire d’estuaire.

    Rive sud. Du fort de Mindin, qui protège Saint-Brévin-les-Pins des assauts du Serpent d’Océan, point de vue imprenable sur l’agglomération nazairienne : des grues de Montoir jusqu’aux blockhaus de la pointe de l’Eve en passant par les forges de Trignac, les portiques des chantiers STX, le silo à grains, la base sous-marine, la cheminée de l’usine élévatoire, l’immeuble le Grand Large au bout de la baie ou encore le phare de l’Aiguillon vers Saint-Marc, tous les amers du littoral se sont donnés rendez-vous pour marquer le paysage et saluer la Loire au terme de son voyage.

     

    Texte : Guy-Pierre Chomette. Photo : Franck Tomps

     

    D'autres regards sur les frontières


    Guy-Pierre Chomette, co-auteur de Aufil de l'Estuaire de la Loire.

    Guy-Pierre Chomette, né en 1969, est journaliste, rédacteur et auteur. Ses reportages sont publiés dans Géo, Marie-Claire, Le Figaro, Le Monde diplomatique, Politique Internationale, Géopolitique

    Prix Robert Guillain pour son travail sur la querelle russo-japonaise des îles Kouriles (Le Monde diplomatique), auteur du Piéton du Grand Paris (Parigramme, 2014), récit de voyage sur le tracé du futur métro du Grand Paris, coauteur de Réfugiés Climatiques (Dominique Carré, 2010), coauteur de Terre des Pôles (Années Lumière, 2008), auteur de Lisières d’Europe (Autrement, 2004).

    Contact : gpchomette@gmail.com

     

    Franck Thomps, co-auteur de Aufil de l'Estuaire de la Loire.

    Franck Tomps, né en 1973, est photographe indépendant, diplômé de L'école Louis-Lumière en 1997. Lauréat du concours Polaroid (1997), mention spéciale d'Attention Talent photo FNAC (2002) sur Paris, boursier du concours Photographie.com (2003). Son monde singulier est le reflet d'un regard distancié sur notre société. Son travail, attaché à la banalité des lieux et aux rites ordinaires, s’exprime au travers d'un regard serein et exigeant. En témoignent les séries Mimizan sur les vacances à la plage, Port Saint Louis sur la vie d'une citée ouvrière ou A7-E15 sur une aire d'autoroute.

    Il mène en parallèle ses projets personnels, ses commandes pour Libération, ses publications presse (JDD, Le Monde, Télérama, L'Obs…) et son activité dans le secteur institutionnel.

    Contact : info@atelierdujour.fr

     

    Philippe Le Boulanger

     

    L'auteur : Marek Corbel

    Citoyen masqué à la plume noire

    Daniel Chaigne

    Qui est Marek Corbel ? Sous ce pseudonyme énigmatique se cache un Breton âgé de 39 ans et originaire de Quimperlé, vivant aujourd'hui à Paris. Juriste au ministère de l'Éducation nationale le jour, écrivain la nuit, Yves Croguennec, de son vrai nom, mène en quelque sorte une double vie : d'un côté le Droit et les règles intangibles, de l'autre une aventure éditoriale mêlant fiction et engagement.

    "Passionné par les romans noirs et fidèle admirateur d'auteurs tels que James Ellroy, Frédéric H. Fajardie et Dennis Lehane, je me suis lancé dans l'écriture en 2011", explique l'intéressé. "Mes intrigues s'inscrivent toutes dans une époque, avec ses contradictions et ses forces sociales en action. Je trouve bien souvent mon inspiration dans des faits historiques."

    Au fil de ses six ouvrages, Marek Corbel distille de manière plus ou moins énoncée une critique sociale, voire politique, du monde contemporain. La Tanière du Laonnois, son premier polar, prend par exemple la forme d'une enquête sur l'extrême droite française des années 1980. Pour Il était une fois 1945, il s'inspire cette fois-ci d'une expérience personnelle pour s'attaquer aux arcanes du syndicalisme dans la police. En pur Breton, il apprécie également interroger la notion de régionalisme, comme dans Le Sanctuaire de Cargèse et Concarn' oir, qui se déroulent respectivement en Corse et en Bretagne. Plus récemment, en 2014, il a tout simplement délaissé la forme du roman policier pour écrire le premier volet de sa trilogie En proie au labyrinthe, son livre le plus politique jusqu'à maintenant.

    Parlant plus facilement de Marek Corbel que de l'homme derrière le masque, Yves Croguennec reste finalement assez prudent et discret sur sa vision du monde actuel et sa vie personnelle. Mais il est fort probable que la clé de cette énigme se trouve entre les lignes…

    Corentin Vital

     

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