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    Gens de mer - ép. 8

    Tanguy Le Turquais : un skipper "ministe" des Affaires maritimes

    Tanguy Le Turquais pendant l’épreuve qualificative pour la Minitransat 2013 Tanguy Le Turquais pendant l’épreuve qualificative pour la Minitransat 2013

    "Ce n'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme", disait Renaud. La formule fonctionne avec Tanguy Le Turquais, porté par la passion de la course au large depuis ses 12 ans. Entre rêves et réalité, doutes et réussites, aventures en solitaire et défis collectifs, portrait d'un jeune skipper breton.

    "Je savais que ce serait musclé, et je n'ai pas été déçu ! Le pilote automatique a cessé de fonctionner il y a quatre jours, et depuis, j'ai barré quasi non-stop !" Lorient, 5 septembre 2012 : Tanguy Le Turquais, 23 ans, rentre de six jours de mer en conditions sportives. Avec un record à la clé, celui de l’épreuve qualificative pour la Mini-Transat 2013 : 1 000 milles en solitaire, sur un bateau de 6 mètres 50, de Lorient au sud de l'Irlande, avec un retour par La Rochelle. Une épreuve de celles qui marquent un tournant : l'aboutissement de sa première saison de "ministe", et le début des choses sérieuses : la concrétisation d'un rêve de gosse.

    Pour le jeune skipper, la révélation a eu lieu lors de la Mini-Transat 1997. Avec son père, alors équipier sur un des bateaux radio, Tanguy découvre la course au large. Aux premières loges. "J’avais 12 ans à cette époque, et depuis je ne pense plus qu’à ça. Du coup, je ne me suis pas posé tellement de questions en matière d'orientation" : un bac pro préparateur de bateaux obtenu au lycée d’Étel, un brevet d’État de skipper-moniteur à l’Institut nautique de Bretagne (INB), à Concarneau, et, à 18 ans, l’achat de son premier bateau. "Un Brin de folie, 9 mètres. Je l’ai eu pour trois fois rien, car il était destiné à la casse. À l’époque, tout mon temps et tout l’argent de mes boulots d’été étaient investis là-dedans : j’ai passé un an, quasiment tous les soirs et tous les week-ends, à le retaper. De toutes façons je vivais dedans, dans le port de Vannes, puis à Lorient pour passer mon brevet de la marine marchande." En juin 2011, ce dernier brevet en poche, le voilà désormais en mesure de préparer des bateaux, d’en convoyer, et d’enseigner son savoir-faire.

    Le parfum de San Salvador de Bahia

    Pour fêter ça, il part comme équipier sur un bateau accompagnateur de la Mini-Transat 2011. Quatorze ans plus tard, le parfum entêtant de Salvador de Bahia ravive ses rêves de course : dès son retour en Bretagne, il achète son Mini 6.50. "Ça peut paraître un peu brutal, dit comme ça, mais ça faisait déjà 10 ans que ça me trottait dans la tête. Ma famille et celle de Clarisse, ma copine, nous ont aidés pour l’achat du bateau. Ces prêts à taux zéro, c’était capital, car sans bateau, pas de sponsor." Et au prix du 6.50 s’ajoutent celui de l’hivernage, des voiles, de l’accastillage… avant même les frais d’inscription aux courses. "Il a fallu carrément accélérer sur tous les points : mes études étaient terminées, je pouvais désormais bosser pour vivre sans perdre de vue un seul instant mon objectif véritable ; la course, l’éclate."

    Le hasard fait bien les choses

    Alors, comme en mer, Tanguy tire des bords. Parallèlement à ses contrats de convoyage, généralement sur la façade atlantique entre Brest, Lorient, les Sables ou La Rochelle, Tanguy enseigne la navigation hauturière à l’INB, propose ses services de skipper pour des particuliers et des séminaires d’entreprise... et part en quête de sponsors : constitution de dossiers, création d’une structure juridique, demande de bourses… Cela finit par payer : la ville de Vannes lui accorde une aide, puis le hasard fait bien les choses. "Un jour, un gars m'appelle : il cherchait un skipper pour naviguer en Morbihan avec sa famille. On a navigué, sympathisé, je lui ai parlé de mon parcours et de mon projet... Ce gars, c'était Hervé Gastinel, le PDG de Terreal, et il a accepté de me sponsoriser pour la saison 2012".

     

    Saleté de pétole

    Dès lors, en course, sur l'Atlantique ou en Méditerranée, tout s’enchaîne plutôt bien. Pour sa première régate en solitaire sur 6'50, lors du trophée Marie-Agnès Péron 2012, il se classe 17e (sur 49, 4e bizut sur 18), "malgré une saleté de molle qui m'a fait perdre pas loin de 10 places, juste à la fin, dans la baie de Douarn'." Des résultats prometteurs. "C'est rassurant, bien sûr. Ceci dit, au début, ça a été un peu compliqué pour moi de faire la part des choses entre ma passion et mon métier, entre mon rêve et mon gagne-pain. Même si je navigue et que je prends mon pied dans les deux cas, pour le boulot, mon objectif est de faire progresser les gens, de faire preuve de pédagogie, alors qu'en course je dois apprendre à me lâcher, à prendre des risques tactiques, et avant tout à progresser moi-même."

    La grand-mère de Mick Jagger

    Malgré ces frictions intrinsèques, il arrive que les deux se complètent. Le 27 octobre dernier, avec des équipiers, cette fois, il est parti des Sables d'Olonne pour livrer un catamaran aux Antilles. "En tant que skipper, cette transat va me permettre de repérer le parcours et les systèmes météo pour 2013, car la Mini-Transat aura lieu plus ou moins à la même période.", relève Tanguy. "Et je vais tâcher de mettre en pratique les acquis de mon stage à la clinique du sommeil, à Paris. Parce que quand on est seul, on a parfois vite fait de gamberger... et de délirer. Sur la qualif, en septembre, après plusieurs nuits sans sommeil, je me suis surpris à prendre la VHF (radio sur grandes ondes) parce que je croyais que mon équipier était tombé à l'eau alors que j'étais parti seul... ou à imaginer une engueulade avec la grand-mère de Mick Jagger à propos du foc." (rires)

    Il dit que dans son parcours tout s’est fait au hasard des rencontres. Et il espère bien que ça va continuer comme ça. Au large des Canaries, il croisera peut-être les concurrents du Vendée Globe partis quelques jours après lui. Souhaitons que les parfums de Lanzarote et Gomera prolongent le sortilège de Bahia.

     

    Pour en savoir plus : http://tanguyleturquais.com

     

    Sa vidéo de qualif pour la Mini-Transat 2013 :

    Pierre Bordais - Journaliste et réalisateur
    Pierre Bordais - Journaliste et réalisateur

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