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    Quartier des Dervallières à Nantes

    Un grand rêve pour le Grand Watteau

    Des polaroïds symbolisent ce que les habitants aiment ou détestent de leur immeuble. Des polaroïds symbolisent ce que les habitants aiment ou détestent de leur immeuble.

    Pour préparer la réhabilitation de leur immeuble le Grand Watteau, dans le quartier des Dervallières, à Nantes, les habitants ont participé à plusieurs ateliers afin de rêver de nouveaux espaces de vie… Mots et photos à l’appui.

    "Le building, c’est le symbole du quartier. Il est incassable !", assure Hocine, qui vit depuis dix ans dans le quartier des Dervallières, à Nantes. Mais la dernière réhabilitation de ce mastodonte de 12 étages, long de 10 cages d’escaliers, date de près de 30 ans. Construit au lendemain de la guerre, l’immeuble, le Grand Watteau de son nom officiel, est composé de petits appartements cloisonnés qui semblent peu adaptés aux usages actuels : "il y a beaucoup trop de portes et de séparations, on se sent à l’étroit. C’est bien que ça change !", assure Anita, qui vit dans l’immeuble depuis plus de 20 ans.

    Maîtrise d’"usage"

    Le building se prépare en effet à subir une nouvelle mue à partir de janvier 2013. Mais pas n’importe comment : les habitants ont été invités à participer à des ateliers organisés par Nantes Habitat et le cabinet d’architecte Altman-Beauchêne, chargé de l’étude de faisabilité avant programme, pour exprimer leurs envies et leurs besoins. Animés par la scénographe Florence Perré, ces ateliers sont devenus un espace de discussion et de construction d’une sorte de cahier de doléances. "À côté des traditionnelles maîtrise d’œuvre et maîtrise d’ouvrage, nous avons voulu que les habitants soient "maîtres d’usage". Une première en France !", explique Bernadette Peaudeau, responsable de l’agence Watteau, Nantes Habitat.

    Et ces usages de l’espace concernent autant l’intérieur que les parties communes. "Lors d’un atelier, je leur ai demandé, à l’aide d’un Polaroïd, de photographier ce qu’ils aimaient ou au contraire, ce qu’ils détestaient chez eux et autour. Une habitante a photographié sa machine à laver pour montrer les "tuyaux qui dépassent" ; une autre son débarras "indispensable" pour "mettre tout son bazar" ; une autre encore a pris la vue de son balcon qu’elle juge "imprenable" ", raconte Florence Perré.

    Mots simples

    La scénographe Florence Perré discute avec une habitante lors de la fête des Dervallières (Le Grand Renc'Art, le 16 juin). Puis, au cours d’un atelier d’écriture sur des supports figurant les différents étages, la parole s’est libérée et les mots sont devenus plus directs : "ne plus recevoir chez soi ce qui est jeté des étages au-dessus", "mettre du double-vitrage aux fenêtres", "refaire l’ascenseur plus grand", "plus de pigeons sur les balcons", "des cabines de douches fermées". Jusqu’à l’expression des rêves les plus fous, comme la construction d’un jardin protégé qui viendrait se nicher sur le toit, "avec des jeux pour les enfants et des espaces de pique-nique", complète Liliane qui vit depuis un an dans l’immeuble avec son fils et son mari.

    Tous ces mots simples, Florence Perré les a compilés et les a transmis au cabinet d’architecture afin que puissent émerger différents scenarii de réhabilitation. Aujourd’hui s’ouvre la seconde phase : celle des propositions chiffrées reprenant en partie les idées des habitants. Ceux-ci seront à nouveau appelés en octobre à venir voter sur le projet, les modalités pratiques de la réhabilitation (avec notamment un déménagement par roulement) et les augmentations de loyer. Pour que le processus soit participatif jusqu’au bout, la moitié au moins des habitants devra se prononcer pour que le projet soit validé. Pour l’heure, les attentes sont nombreuses : "je voulais déménager, mais si je peux avoir un balcon, je reste", assure Liliane, pleine d’espoir ; qui, de son 12e étage, voit la Tour Bretagne.

    Les photos racontent

    Lors de l’atelier sur les Polaroïds, chaque habitant était invité à prendre ce qu’il aimait ou ce qu’il détestait chez lui comme à l’extérieur, puis de les commenter avec les autres...

    polaroids immeuble Grand Watteau à Nantes

    "Ça m’angoisse de devoir déménager. Pfffiou…"

    polaroids immeuble Grand Watteau à Nantes

    "Y en a qui ne peuvent pas ouvrir leurs volets, d’autres qui les ferment jamais, à cause des parties de fenêtre qui ne s’ouvrent pas. Tout le monde n’a pas le bras assez long ! Et les paraboles, elles ont fleuri à tous les étages, ça fait bricolage mais tout le monde en veut, pensez… des chaînes du monde entier !"

    polaroids immeuble Grand Watteau à Nantes

    "En hiver, le balcon fait un peu glacière de nuit et permet de chauffer la journée, avec l’effet du double vitrage."

    polaroids immeuble Grand Watteau à Nantes

    "Ce que je préfère ici, c’est le panorama. Je veux rester pour lui. Et le ciel aussi. À perte de vue. Là-bas, c’est la Tour de Bretagne, on domine la ville, pareil."

    polaroids immeuble Grand Watteau à Nantes

    "En 56, à la création du building, c’était la classe ; le nec plus ultra : la salle d’eau. Mais maintenant on voit bien qu’on manque de carrelage, il s’arrête là où ça éclabousse encore ! On ne peut pas s’y retourner, y a vraiment pas de place, il faudrait une douche à la place du bain. Et du carrelage partout, tiens, même jusqu’au plafond, comme on fait maintenant. Et sous le lavabo, un rangement. Souvent, quand on arrive, on n’a rien et pour faire des placards, c’est compliqué quand on n’est pas du métier."


    SOCIÉTÉ

     

    Facebook : Ateliers d'écriture et de photo, débats et discussion, la réhabilitation de l'immeuble Le Grand Watteau à Nantes a été soumise à la participation des habitants. Une première en France.

     

    Twitter : À #nantes, quartier Dervallières, une réhabilitation d'immeuble en mode #collectif : une première en #france (+ lien en bit.ly..)

     

    Mots clés : Nantes, Loire-Atlantique, habitat, insolite, urbanisme, débats, photo

     

    Légende photo : Des polaroïds symbolisent ce que les habitants aiment ou détestent de leur immeuble.

     

     

    Quartier des Dervallières à Nantes

    Un grand rêve pour le Grand Watteau

     

    Pour préparer la réhabilitation de leur immeuble Le Grand Watteau, dans le quartier des Dervallières à Nantes, les habitants ont participé à plusieurs ateliers, afin de rêver de nouveaux espaces de vie… Mots et photos à l’appui.

     

    "Le "building", c’est le symbole du quartier. Il est incassable !", assure Hocine, qui vit depuis dix ans dans le quartier des Dervallières, à Nantes. Mais la dernière réhabilitation de ce mastodonte de 12 étages, long de 10 cages d’escaliers, date de près de 30 ans. Construit au lendemain de la Guerre, l’immeuble Le Grand Watteau, de son nom officiel, est composé de petits appartements cloisonnés qui semblent peu adaptés aux usages actuels : "il y a beaucoup trop de portes et de séparations, on se sent à l’étroit. C’est bien que ça change !", assure Anita, qui vit dans l’immeuble depuis plus de 20 ans.

    Maîtrise d’"usage"

    Le "building" se prépare en effet à subir une nouvelle mue à partir de janvier 2013. Mais pas n’importe comment : les habitants ont été invités a participer à des ateliers organisés par Nantes Habitat et le cabinet d’architecte Altman-Beauchêne, chargé de l’étude de faisabilité avant programme, pour exprimer leurs envies et leurs besoins. Animée par la scénographe Florence Perré, ces ateliers sont devenus un espace de discussion et de construction d’une sorte de cahier de doléances. "À côté des traditionnelles maîtrise d’œuvre et maîtrise d’ouvrage, nous avons voulu que les habitants soient "maîtres d’usage". Une première en France !", explique Bernadette Peaudeau, responsable de l’agence Watteau, Nantes Habitat.

    Et ces usages de l’espace concernent autant l’intérieur que les parties communes. "Lors d’un atelier, je leur ai demandé à l’aide d’un Polaroïd de photographier ce qu’ils aimaient ou au contraire, ce qu’ils détestaient chez eux, et autour. Une habitante a photographié sa machine à laver pour montrer les "tuyaux qui dépassent" ; une autre son débarras "indispensable" pour "mettre tout son bazar" ; une autre encore a pris la vue de son balcon qu’elle juge "imprenable" ", raconte Florence Perré.

    Mots simples

    Puis, au cours d’un atelier d’écriture sur des supports figurant les différents étages, la parole s’est libérée et les mots sont devenus plus directs : "ne plus recevoir chez soi ce qui est jeté des étages au-dessus", "mettre du double-vitrage aux fenêtres", "refaire l’ascenseur plus grand", "plus de pigeons sur les balcons", "des cabines pour les douches fermées". Jusqu’à l’expression des rêves les plus fous, comme la construction d’un jardin protégé qui viendrait se nicher sur le toit, "avec des jeux pour les enfants et des espaces de pique-nique", complète Liliane, qui vit depuis un an dans l’immeuble avec son fils et son mari.

    Tous ces mots simples, Florence Perré les a compilés et les a transmis au cabinet d’architecture afin que puissent émerger différents scenarii de réhabilitation. Aujourd’hui s’ouvre la seconde phase : celle des propositions chiffrées reprenant en partie les idées des habitants. Ceux-ci seront à nouveau appelés en octobre à venir voter sur le projet, les modalités pratiques de la réhabilitation (avec notamment un déménagement par roulement) et les augmentations de loyer. Pour que le processus soit participatif jusqu’au bout, la moitié au moins des habitants devra se prononcer pour que le projet soit validé. Pour l’heure, les attentes sont nombreuses : "je voulais déménager, mais si je peux avoir un balcon, je reste", assure Liliane, pleine d’espoir. Qui, de son 12ème étage, voit la Tour Bretagne.

     

    Frédérique Letourneux

     

    Photos :

    Voilà quelques photos. J'ai une préférence pour la première. Pour la photo-montage de l'immeuble le Grand Watteau, il faut citer le travail du photographe Alban Lécuyer (http://albanlecuyer.weebly.com/)

    Celle où on voit des gens, c'est Florence Perré, la scénographe qui discute avec une habitante, lors de la fête des Dervallières (Le Grand Renc'Art, le 16 juin). Un stand présentait le projet.

     

     

     

    ENCADRÉ

     

    Les photos racontent

     

    Lors de l’atelier sur les Polaroïds, chaque habitant était invité à prendre ce qu’il aimait ou ce qu’il détestait chez lui comme à l’extérieur, puis de les commenter avec les autres…

     

    "Ça m’angoisse de devoir déménager. Pfffiou…" // immeuble-watteau-dervallieres-nantes-polaroid.jpg

     

    "Y en a qui ne peuvent pas ouvrir leurs volets, d’autres qui les ferment jamais. À cause des parties de fenêtre qui ne s’ouvrent pas. Tout le monde n’a pas le bras assez long ! Et les paraboliques, elles ont fleuri à tous les étages, ça fait bricolage mais tout le monde en veut, pensez… des chaînes du monde entier !" // immeuble-watteau-dervallieres-nantes-polaroid (2).jpg

     

    "En hiver, le balcon fait un peu glacière de nuit et permet de chauffer la journée, avec l’effet du double vitrage." // immeuble-watteau-dervallieres-nantes-polaroid (4).jpg

     

    "Ce que je préfère ici, c’est le panorama. Je veux rester pour lui. Et le ciel aussi. À perte de vue. Là-bas c’est la tour de Bretagne, on domine la ville, pareil." // immeuble-watteau-dervallieres-nantes-polaroid (3).jpg

     

    "En 56, à la création du building, c’était la classe, le nec-plus-ultra : la salle d’eau. Mais maintenant on voit bien qu’on manque de carrelage, il s’arrête là où ça éclabousse encore ! On ne peut pas s’y retourner, y a vraiment pas de place, il faudrait une douche à la place du bain. Et du carrelage partout, tiens, même jusqu’au plafond, comme on fait maintenant. Et sous le lavabo, un rangement. Souvent, quand on arrive, on n’a rien et pour faire des placards, c’est compliqué quand on n’est pas du métier." // immeuble-watteau-dervallieres-nantes-polaroid (1).jpg

    Frédérique Letourneux - Journaliste
    Frédérique Letourneux - Journaliste

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