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    Vaincre l’isolement à coups de pinceaux

    Un tableau réalisé par un habitant de la maison-relais de Saint-Brieuc Un tableau réalisé par un habitant de la maison-relais de Saint-Brieuc

    Depuis environ un an, les résidents de la Maison relais de l’Adalea 22, à Saint-Brieuc, créent des toiles pour embellir leurs cages d’escalier. Façon de rompre l’isolement de ces personnes en difficulté plutôt que véritable démarche artistique, ce projet aboutira à un vernissage en mars prochain.

    À la Maison relais de Saint-Brieuc, toutes les deux semaines, le vendredi, il y a comme un changement d’ambiance. Les 25 résidents de cet établissement géré par l’Adalea 22*, d’habitude si isolés, rompent leur quotidien et se retrouvent tous ensemble pour… peindre ! Une initiative à laquelle ne sont pas étrangers les responsables de cette association accueillant chaque année près de 5 000 personnes en grande difficulté pour les aider dans leur logement ou leur recherche d’emploi : "C’est une idée que nous avons eue dès l’ouverture de la structure en 2009, explique Christophe Guinche, le responsable du pôle Logement et hébergement. Nous cherchions un moyen pour que les résidents prennent possession de leur lieu de vie."

    Un tableau d'un résident de la maison-relais de Saint-Brieuc L’idée s’est concrétisée il y a environ un an. Christophe Guinche et Manuela Charles, directrice de la Maison relais, entament une collaboration avec Virginie Ferragu, artiste plasticienne : "Notre souhait était de redécorer nos deux cages d’escalier qui n’étaient pas particulièrement jolies sur les quatre étages de la maison". Du côté de l’artiste, l’heure est à la curiosité : "Faire découvrir l’art puis intégrer dans une démarche créative des personnes qui, pour certaines, n’avaient jamais mis les pieds dans un musée était un challenge plus qu’intéressant. Nous avons d’ailleurs commencé par visiter une exposition d’art contemporain…"

    Des difficultés à maîtriser l’art contemporain…

    Et quelle visite ! Virginie Ferragu s’en souvient encore : "C’était à l’occasion de la 5e biennale d’art vivant et contemporain qui avait lieu à Saint-Brieuc en novembre 2011, se rappelle-t-elle. Nous avions beaucoup ri, car l’un des résidents, probablement fatigué, s’était allongé dans l’une des œuvres ressemblant à un hamac. Et alors que nous lui avions expliqué son erreur, il a recommencé plus tard en s’asseyant dans un canapé disposé dans un faux salon." Un tableau d'un résident de la maison-relais de Saint-Brieuc Si l’art contemporain est parfois difficile à comprendre, surtout pour des néophytes, cela n’a pas empêché Virginie Ferragu de poursuivre l’aventure : "Toutes les deux semaines, ces artistes en herbe peignent, dessinent et composent des œuvres. Heureusement, je suis accompagnée par Nadège Coquet, éducatrice à la Maison relais. Elle fait un travail formidable, et son investissement dans le projet et avec les résidents est essentiel."

    Car du travail, il y en a ! Avec huit tableaux à produire en 27 séances, les journées sont bien remplies : "Tous les résidents ne créent pas, mais tous viennent au moins une fois dans la journée, pour nous aider, par exemple, à lever des panneaux, ou aussi pour exprimer leur avis", explique Virginie Ferragu. Pour commencer, les résidents se sont attachés à trouver des thèmes à représenter dans leurs œuvres. Parfois bien aidés par les ateliers d’écriture que proposait déjà la Maison relais, ils en ont trouvé quelques-uns. Parmi eux, la mer, la musique, la liberté, la nature… "Étant donné que les tableaux seront exposés dans des lieux de passage, nous avons fait attention à ce qu’ils soient compréhensibles par tous", prévient Virginie Ferragu. "Évidemment, nous souhaitons que leurs auteurs s’expriment, mais nous ne voulons pas non plus qu’ils heurtent le public." Un effort particulier a donc été fait pour guider les résidents dans la conception de leurs toiles.

    … au changement d’un regard

    Un tableau d'un résident de la maison-relais de Saint-Brieuc Au final, ces créations aboutiront à un vernissage en mars 2013. Si elles ne sont pas encore toutes terminées, l’opération est d’ores et déjà un succès : "Notre but n’est pas de réaliser des chefs-d’œuvre et d’ouvrir un musée !" reprend Manuela Charles. "Ce que nous voulions, c’était apporter une respiration à ces personnes, parfois en très grande difficulté. Avec les ateliers d’écriture, nous tenons également un carnet de bord pour conserver des souvenirs de ce que nous faisons." Virginie Ferragu entonne le même chant : "L’une des résidentes prend vraiment très à cœur ce projet. Au départ, comme tout le monde, elle ne savait pas comment commencer son tableau. Sans doute avait-elle certaines craintes à créer quelque chose visible par tous… Mais au fur et à mesure des séances, j’ai senti qu’elle prenait énormément de plaisir à peindre. On voit dans son regard qu’il s’est passé quelque chose." Comme quoi, il n’y a pas que l’ambiance qui a changé au sein de la Maison relais.

     

     

    * Association départementale d’accueil, d’écoute et de veille sociale, pour le Logement et l’hébergement, l’emploi et la formation et les ateliers d’insertion


    Pour en savoir plus :

    -     Le site de l’Adalea 22 : www.adalea.fr

    -     Le blog de Virginie Ferragu : http://ferraguvirginie.weebly.com

    Aurélien Jousset - Journaliste
    Aurélien Jousset - Journaliste

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    Commentaires  

     
    0 #1 Mélina 02-02-2013 13:49
    Votre but n'était peut être pas de réaliser des chefs d'oeuvre mais les toiles que je vois ici sont magnifiques!!! Ça me donne envie de peindre tout ça... mais y'a du boulot avant d'arriver à ce résultat! ;-)
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