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    Zombie Walk 2013 : les morts-vivants viennent dîner dans le centre de Nantes.

    La Zombie Walk 2013 à Nantes La Zombie Walk 2013 à Nantes

    Décidément, la ville de Nantes a le don de recevoir des visiteurs plutôt inattendus. En l'an 843, c'était les Vikings ; il y a quelques mois, des sangliers étaient aux portes de la ville ; et voilà qu'en ce 17 octobre, c'est au tour des morts-vivants de venir traîner leurs vieux os en plein centre-ville. Tous les ans depuis 2009, La Zombie Walk permet aux amateurs d'hémoglobine et de films d'horreur de se grimer en morts-vivants pour déambuler au milieu des passants. Récit de cette manifestation sanguinolente qui rend hommage à la culture des séries B.

    Nous sommes le 17 octobre, une journée ensoleillée touche à sa fin et une bien étrange population a investi les quartiers chics de la ville de Nantes. Plus de 500 personnes en décomposition se massent petit à petit devant le Katorza, le cinéma Art et Essai de la rue Corneille. Les passants pressent le pas, méfiants. La plupart a compris que cette manifestation n'a rien d'une réunion d'anciens cinéphiles. Il suffit pour cela de regarder l'allure des participants : tous de guenilles vêtus, la peau blanchâtre, voire moisie, ils traînent la patte, les yeux désespérément vides. Leurs mâchoires claquent dans le vide, ils grognent, griffent, râlent, à la recherche d'une proie à dévorer. Nous sommes à deux semaines de la fête d'Halloween, mais cet étrange spectacle laisse penser que les morts ont décidé de venir hanter les Nantais plus tôt que prévu.

    En regardant leurs oripeaux déchiquetés, maculés de terre et de sang, on comprend qu'il n'y a encore pas si longtemps, ils étaient étudiants, médecins, cadre sup' ou pom-pom girls. Attirés par un sombre maléfice, ils ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes, mus par une seule idée : dévorer de la chair fraîche !

    Cliquer sur une image pour passer en mode galerie...

    Je contemple la scène, horrifié, lorsqu'un rugissement inhumain retentit dans le quartier. D'autant plus inquiétant qu'il ressemble fort peu aux vocalises d'un baryton, même enroué, de l'Opéra Graslin, pourtant juste à côté de la foule en décomposition. Le signal est lancé, plusieurs zombies lui répondent, quitte à s'en décrocher la mâchoire, avant de commencer leur funeste procession.

    Périmés mais affamés

    Mû par mon instinct de journaliste, je rassemble tout le courage possible pour m'incruster dans la masse décomposée et en savoir plus. Des mains griffues se tendent vers le soleil couchant et je vois déjà quelques zombies qui me regardent. Dans leurs yeux vides s'allume alors un éclat de gourmandise. À côté de moi, une mariée dissimule son visage sous un voile noir et s'apprête à mordre un nouvel amant. Nul doute que sa peau avariée rencontrera un succès fou auprès de ses congénères les plus romantiques.

    Plus loin devant, une troupe d'anciens internes en médecine traînant leurs blouses blanches maculées de sang dans la foule. L'une d'entre eux vient de se faire déchiqueter la joue mais n'en semble pas émue, la gencive au vent. Je me retourne et me fais alors agripper par une zombie particulièrement affamée tenue en laisse par un solide gaillard, tout de cuir vêtu, dont la tête est cachée par un masque à gaz.

    Mordu

    Voilà que je me suis fait mordre à la nuque ! Une douleur sourde ne tarde pas à m'engourdir. Impossible de m'échapper du mouvement de foule, je me dirige donc vers le centre-ville. Quelques zombies téméraires viennent mordiller les passants les moins farouches tandis que d'autres viennent coller leurs pattes contre la vitre du tram pour essayer d'attraper des passagers. L'intelligence n'est pas la qualité principale de cette meute affamée qui n'hésite pas à s'entre-dévorer dès lors qu'un des leurs tombe à terre. À côté de moi, un passant s'exclame : "on se croirait au premier jour des soldes !".

    Je réalise que je n'ai plus mal, je prends même plaisir à rugir au milieu de la foule. Je sens mon esprit et mes mouvements se ralentir... J'ai très faim, par contre, c'est vrai que les passants sont assez appétissants. On aurait presque envie de les croquer.

    Nous traversons la place du Bouffay, la place du Pilori et la place du Cirque avant de remonter par la rue Crébillon pour faire profiter tout le centre-ville de nos rugissements avant de finir par une dernière course jusqu'au Katorza. Les zombies les plus agressifs auront réussi à trouver leur dîner, les autres devront rentrer bredouilles.

    L'horreur est humaine?

    Arrivé devant le cinéma, je reprends mes esprits, et comprends qu'il ne s'agissait que d'une manifestation aussi inoffensive que sanguinolente. Malgré le réalisme des maquillages et le soin apporté à certains costumes, l'heure du jugement dernier n'est pas encore arrivée. Cette parade de zombies a lieu tous les ans à Nantes depuis 2009. Organisée dans de nombreuses villes à travers le monde, cet événement de plus en plus populaire rassemble les fans de films d'horreur et les adeptes des happenings sanglants. À Nantes, c'est l'association de l'Absurde Séance qui l'a popularisée. Depuis 2000, elle fait découvrir aux spectateurs du Katorza des films étranges, loufoques ou sanglants injustement oubliés du septième art.

    Simon, sympathique zombie, est un adepte de ce carnaval de l'horreur. Il me donne plus d'explications : "J'adore me déguiser. Dans ma bande de potes, c'est une activité super créative qui nous pousse à fouiner dans les greniers, les brocantes et les vide-greniers pour dénicher des accessoires ou des vieilles fringues. Barbares, militaires, on a de quoi faire plein de jeux de rôle grandeur nature. Pas besoin de nous le dire deux fois pour qu'on trouve de quoi se changer en zombie !"

    La joie du déguisement semble être l'une des attractions motrices pour les participants de la Zombie Walk, même s'ils peuvent se faire maquiller gratuitement au Katorza par l'école de maquillage des Lys. "Je peaufine mon costume pour être de plus en plus dégueulasse chaque année, la santé d'un zombie passe aussi par la peau", me confie ainsi un grand mort-vivant coiffé d'un élégant chapeau à plume. "C'est un bon moyen de se défouler et de sortir de sa routine, parce que j'ai toujours trouvé le gore vraiment fun."

    "la société actuelle est une zombification"

    La zombie walk rameute également tous les passionnés de cinéma d'horreur qui incarnent, pour une soirée, leurs monstres préférés. "Je suis un grand fan des vieux films de zombies comme L'invasion des Profanateurs de Sépultures (Don Siegel, 1956), Le Cabinet du Docteur Caligari (Wiene, 1920) ou La Nuit des Morts-Vivants (Romero, 1968), ce sont des films classiques du cinéma d'horreur, mais aussi du cinéma en général", déclare Léon, un zombie métalleux qui, à en croire sa pâleur cadavérique, n'a pas passé la nuit précédente dans un cercueil trois étoiles.

    Pour Tomoyo, Leeloo et Lise, trois jeunes revenantes, la Zombie Walk est devenue un rituel festif incontournable : "on adore les films gore, les scènes sanglantes avec plein d'organes qui giclent. Je crois qu'au fond de nous, on adorerait déguster une vésicule biliaire, un scrotum ou un bulbe rachidien. Rien que pour goûter." En parlant ainsi de gastronomie, voilà que Tomoyo s'arrache un bout de chair qui pendouille un peu trop de son maquillage. Elle me le tend en m'invitant à le goûter mais je n'ai plus très faim. Nos trois zombies ne sont pas là que pour le dîner : pour elles, le costume de mort-vivant permet aussi de montrer que "la société actuelle est une zombification. Les gens sont endormis et ne pensent qu'à s'acheter de belles fringues. C'est un vrai bonheur de les faire flipper et de les réveiller un peu, en particulier les petites demoiselles."

    Représentants de la contre-culture, adeptes du gore, du Grand Guignol et des monstres en tout genre, ces zombies inoffensifs redeviennent bien vite d'honnêtes gens devant le cinéma du Katorza. D'ailleurs, beaucoup d'entre eux continuent la soirée en se pressant vers la zombilletterie. Deux films  de morts-vivants particulièrement avariés sont prévus : Wither et Le retour de la nuit des morts-vivants 2. À l'intérieur de la salle, le groupe Manufacture accueille les zombies les plus coriaces avec son hard rock à l'ancienne. Bien installés sur les sièges rouges du Katorza, c'est bel et bien une fête à réveiller les morts qui leur est concoctée par l'Absurde Séance. Quant à moi, je dois rentrer, ma morsure au cou me fait de plus en plus mal...

    Deux minutes au milieu des zombies

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    Rencontre avec Jean-Maurice Bigeard, père-fondateur de la Zombie Walk et de l'Absurde Séance.
    Le film de zombie : entre gore loufoque et critique sociale

    Affiche du film : La nuit des morts-vivants On ne présente plus ce cinéphile averti qui promeut l'"Autre cinéma" à Nantes depuis l'an 2000. Série B, perles rares, navets, films d'horreurs extrêmes ou déviants, ce grand vaudou du cinéma aura permis aux adeptes des rendez-vous de l'Absurde Séance de visionner plus de 530 bobines. Rien d'étonnant à ce qu'il ait eu l'idée, en 2009, d'importer le concept de la Zombie Walk à Nantes. Malgré de faibles subventions de la Ville et d'importantes contraintes logistiques, il prend un malin plaisir à faire déambuler les fans d'hémoglobine avant de les réunir au Katorza devant deux films "zombiesques". Parade sanglante et soirée ciné à thème: un cocktail qui fonctionne à merveille pour populariser ses Absurdes Séances.

    "Dans notre culture, le zombie n'est pas une représentation de la mort très négative, elle est même plutôt rigolote", explique Jean-Maurice Bigeard. "C'est d'ailleurs pour cela que la Zombie Walk a remplacé positivement les fêtes d’Halloween qui, en France, n’ont pas tenu très longtemps. Au cinéma, le film de zombie est un genre rentable, alors tout le monde en profite. De nos jours, nous voyons des films venus des quatre coins de la planète, parfois même de pays surprenants comme Israël, l'Inde, la Chine ou encore l'Afrique du Sud". Un vrai business qui propose parfois des perles comme "The Dead Undead" (2010, Anderson), "Portrait of a Zombie" (2012, Bailey) ou encore "Contracted" (2013, Eric England).

    "Mais la palme revient certainement à Georges Romero, le père de tous les zombies de la Terre. Son cultissime La nuit des Morts-Vivants, n'est pas qu'un simple film d'horreur, il est aussi une référence à la guerre du Vietnam, ce qui était très osé pour l’époque à laquelle le film a été réalisé (1968). Tout aussi puissant, Le Mort-Vivant de Bob Clark (1974) est le reflet des aberrations de la guerre, mais aussi de nos peurs et bien sûr de la perte d’un être qui nous est “chair”... La Zombie Walk  s'inscrit dans cette tradition : c’est sans aucun doute l’occasion de prouver que nous sommes déjà tous des zombies, ou bien des zombies en devenir."

    Mathias Averty - Journaliste
    Mathias Averty - Journaliste

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    Commentaires  

     
    0 #1 0r 05-03-2014 20:17
    Coucou étonnant billet :O
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